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Une solution: l'immigration?

Le système actuel d’immigration fait fausse route, et aggrave les problèmes que l’immigration est supposée régler. La France a besoin de travailleurs à productivité élevée.

La diminution de la proportion d’actifs dans la population totale annonce de graves problèmes. (voir nos articles sur Les inactifs et le ratio de dépendance, et sur Les retraites pour plus de développements.) Dans ce contexte, on entend souvent dire que l’immigration permet d’importer des actifs. L’immigration est-elle la solution ? Elle peut y contribuer, mais seulement si elle est conduite intelligemment. 

En effet, dans cette perspective, nous serions mal avisés de faire venir des travailleurs à la productivité moindre que le travailleur français moyen. Pour trois raisons. Premièrement, s’ils sont actifs aujourd’hui, n’oublions pas qu’ils prendront à leur tour leur retraite. Attention donc aux « solutions » de court-terme qui tout compte fait aggravent le problème. Deuxièmement, il est préférable de faire venir des actifs qui vont contribuer à la création de rôles de compétitivité et une spécialisation haut de gamme de la France. Troisièmement, faire venir des actifs peu qualifiés accroît les inégalités en France, en poussant les salaires des individus peu qualifiées à la baisse – à l’inverse, faire venir des actifs qualifiés décroît les inégalités, en exerçant une pression à la baisse sur les salaires des individus qualifiés.

La productivité (mesurée par les revenus du travail) des immigrants est donc une question essentielle, malheureusement encore peu prise en compte. Mais il y a bien plus grave : il ne sert bien évidemment à rien d’accueillir des inactifs ou des chômeurs. Dans une perspective de manque de travailleurs, c’est la pire des solutions. Or en France, seulement 5% de l’immigration est une immigration de travail – les données sont issues de notre article sur L’immigration. L’immigration dans sa configuration actuelle, loin d’être une solution aux problèmes issus du vieillissement de l’économie française, accentue dangereusement ces problèmes.

Alors que faire ? Aucun système n’est parfait bien sûr. Mais on peut envisager deux pistes. Tout d’abord, faire de l’immigration française une immigration de travail avant tout. Ensuite, puisqu’on ne peut accueillir la Terre entière, il faut faire le tri. Arbitrairement, par des relations de copinage avec des dictateurs d’anciennes colonies ? Ou pour des raisons politiques, en important des immigrants qui favorisent un parti ? Non, il faut aborder cette question rationnellement. Deux options existent. La première solution est un système à points, dans lequel les immigrants sont acceptés s’ils sont capables sur le papier d’apporter une contribution suffisante à l’économie française, par ailleurs gage de leur intégration sociale (par exemple un docteur en médecine qui parle bien français aura priorité sur un homme sans qualification). Le Canada et l'Australie, qui doivent gérer des flux importants d'immigrants, ont mis en place ce système avec succès. La deuxième solution consiste à mettre aux enchères des visas de travail, puisque ceux qui savent pouvoir apporter une contribution suffisante à l’économie seront prêts à payer le prix.

Bien gérer l’immigration est essentiel. Pour les raisons économiques susmentionnées bien sûr, mais aussi parce qu’une absence d’intégration économique empêche souvent l’intégration sociale et culturelle. C’est alors du lose-lose : non seulement ces immigrants et leurs enfants ne sont pas heureux, mais le pays d’accueil souffre en retour de graves crises sociales, d’une montée de l’insécurité et du communautarisme. L’immigration est un outil formidable. Dans l'intérêt de tous, cessons de le manier bêtement.

Pierre Chaigneau

Editeurs : Pierre Pâris, Bruno Lannes, Pierre Chaigneau.

Pour en savoir plus :

 

Je suis pour une immigration

Je suis pour une immigration utile et équilibrée. Les américains à un certain moment encourageaient l'immigration des "grosses têtes" venues de l'Inde et de quelques pays asiatiques, et tout celà a donné son fruit! Pourquoi ne pas établir ce système en Europe?
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