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Séquestration des patrons

La politique du matamore couché n’est pas sans inconvénient : plus on se couche, plus il faut jouer au matamore. Le pouvoir Sarkozien, ayant donné les clefs aux syndicats et à la rue il y a plus de 18 mois, se trouve pratiquement désarmé devant les événements récents.

En Guadeloupe, la terreur a régné pendant plusieurs semaines à la fois dans les entreprises et dans la rue, le Préfet se contentant de déclarer: "que l'État de droit sera respecté", tout en laissant le pouvoir aux casseurs. (...) La Sorbonne vient d'être évacuée après plusieurs semaines d'occupation ; la presse toujours aux ordres s'est félicitée de ce que l'évacuation se soit produite dans le calme et sans que personne n'ait été interpellé. On estime le nombre des étudiants en révolte à plus de 30 000. Un grand nombre d’universités se trouvent aux mains de casseurs encagoulés manoeuvrant comme une armée organisée. Et maintenant des patrons sont séquestrés et molestés sans que personne ne s'en inquiète outre mesure.

Dans cette situation, le Président qui se trouve et qui se veut au centre de l'usine à gaz universelle, qu’il a augmenté jusqu’à la démesure, manipule des compteurs et des robinets qui ne répondent pas. (...) Il est temps de mettre au point les faits à propos de ces séquestrations.

Certes, la situation du personnel licencié après parfois des dizaines d'années de travail et alors que l'entreprise fait encore des bénéfices paraît absolument insupportable. Mais personne ne met en lumière la véritable cause de cette calamité nationale. C'est principalement, pour résumer, la différence entre le net de la feuille de paye et le coût réel des salariés pour les entreprises. Ce qui reste dans la poche du salarié, c'est-à-dire le net de la feuille de paie à amputer encore des impôts, est évidemment très inférieur à ce qui leur faut pour vivre.

Mais ce que ses salariés coûtent à l'entreprise représente en moyenne bien plus du double du net de la feuille de paye : à ce niveau l'entreprise n'est plus compétitive. Soit elle renonce progressivement à avoir des salariés, soit elle délocalise, soit elle se vend à une entreprise étrangère, laquelle ferme les usines et ne garde que la clientèle française et les organisations de vente.

Les patrons ne sont que "transparents" dans un tel scénario : ils répercutent sur les salariés le "message" qu’ils reçoivent des politiques. La conséquence est la désindustrialisation accélérée de la France.

De sorte que les ouvriers devraient en toute logique séquestrer le maire de la ville voisine, les députés, les sénateurs, les présidents de région, les ministres, tous responsables solidairement de la catastrophe générale. Je reconnais que cela ferait beaucoup de monde dans un petit local. (...)

Pour terminer, rappelons que le fringant Président a été plusieurs fois chercher à grands frais des prisonniers ou envoyer des personnes de qualité et même une de ses femmes les chercher, alors que l'on ne voyait pas l'intérêt de la France dans ces opérations. Nous souhaiterions sans vraiment le croire qu’il soit dans ses projets d’aller avec son cortège blindé chercher des patrons sequestrés et les rendre à leur famille !

Quel va être le résultat le plus visible et durable de ces séquestrations intolérables et illégitimes ? La France est en bonne place sur la liste des enfers fiscaux. Elle va s’installer peut-être pour des années dans la liste noire des enfers sociaux où aucun investisseur raisonnable ne peut créer ou conserver des usines.

Michel de Poncins

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