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Eclairages Economiques - le blog

La politique économique du Président Trump

Selon le Financial Times: "Mr Trump defies political labels, having cherry-picked positions from both parties: hostility to free-trade deals and plans for big public construction projects from the Democrats, big tax cuts and deregulation from the Republicans." (The next four years, Nov 12 2016)

L'analyse de Roberto Perli de Cornerstone Macro: "The US economy has been plagued by low productivity, a low potential growth rate and a low neutral interest rate ever since the [2008] crisis. Cuts in corporate taxes, government investment in infrastructure and a reduction in the regulatory burden have at least the potential for changing all that and bringing with them a more normal inflation rate. At the same time, the size of the fiscal expansion proposed by Trump during the campaign raises concerns about the size of the [US public] debt."

Paris place financière après le Brexit

Dans un article publié il y a quelques années, nous concluions que Paris ne pourrait pas s'imposer en place financière au même titre que Londres:

http://www.eclaireco.org/ParisPlaceFinanciere

Le Brexit présente maintenant une opportunité unique pour faire de Paris une véritable place financière, ce qui aurait des effets extrêmement bénéfiques pour l'économie française. Espérons que nos gouvernants la saisissent, en sachant faire de la région parisienne un environnement attractif pour les institutions financières, comme nous le préconisions déjà avec un ensemble de mesures dans l'article ci-dessus

 

La dette japonaise finalement trop importante ?

C'est le point de vue d'Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du FMI. Le raisonnement est le suivant: la dette japonaise a longtemps été détenue par les Japonais eux-mêmes, grâce à la restriction de leurs options d'investissement. Mais il semblerait que la capacité de financement des épargnants japonais atteigne prochainement sa limite. Par conséquent, le Japon va devoir se financer à l'étranger. Pour cela, il devrait soit augmenter ses taux d'intérêt, ce qui serait extrêmement coûteux avec une dette représentant 250% du PIB, soit laisser courir l'inflation en remettant en cause l'indépendance de sa Banque Centrale.

Pour en savoir plus: http://www.telegraph.co.uk/business/2016/04/11/olivier-blanchard-eyes-ug...

Les déficits des fonds de pension publics américains

Les fonds de pension publics américains sont souvent "defined benefit", c'est-à-dire qu'ils sont engagés à verser une certaine somme aux retraités bénéficiaires. Or ces fonds enregistrent un deficit qui pourrait être de trois fois supérieur aux chiffres officiels du fait de la surestimation des rendements atteignables. Selon une étude du Professor de Stanford Joshua Rauh citée dans le Financial Times:

"Currently, states and local governments contribute 7.3 per cent of revenues to public pension plans, but this would need to increase to an average of 17.5 per cent of revenues to stop any further rises in the funding gap (...) [Joshua] Rauh’s study claims the “true extent” of funding problems in US public pension system has been obscured because plans calculate both their costs and liabilities on the assumption they will achieve returns of between 7 and 8 per cent a year."

Source: US faces ‘disastrous’ $3.4tn pension funding hole, 10 avril 2016.

En attendant l'inversion de la courbe du chômage

The Economist constate que la France est l'un des seuls pays dans lesquels le chômage, et notamment le chômage des jeunes, continue à progresser.

Le diagnostic est le suivant:

- Un code du travail incompréhensible et contraignant: "Manuel Valls, the Socialist prime minister, has called the 3,800-page labour code “unreadable” (...) French rules on schemes like apprenticeships or subsidised job creation change faster than firms can fill in the forms, or decipher the alphabet soup of acronyms such schemes are known by." Le magazine note également que les entreprises sont réticentes à embaucher sur des postes permanents étant données les difficultés à licencier les employés en CDI.

- Un SMIC trop élevé: "Much of the French left regards ideas such as a lower minimum wage for younger workers, as Britain allows, to be exploitation, not a way into the job market—even though, by default, self-employed youngsters work for less than the statutory minimum."

- Des syndicats qui défendent les privilèges de leurs membres plus que ceux de la population: "France’s biggest unions, for all their revolutionary rhetoric, have become talented and conservative defenders of insider privileges, at the price of shutting too many young people out of decent jobs altogether."

Source.

Le prix du pétrole sur le long-terme

Le graphique suivant représente le prix du baril de pétrole en fonction du salaire moyen aux Etats-Unis. De quoi mettre en perspective les variations du cours de l'or noir.

Source

ll est possible de diminuer la taille de l'Etat

Une bonne nouvelle de Grande-Bretagne: il est possible de diminuer fortement le montant des dépenses publiques.

Selon l'article: "Les dépenses publiques passeront de 45% du PIB en 2010 à 36% en 2020. (...) Les cinq dernières années ont montré que les dépenses de l'Etat peuvent être diminuées sans pour autant détruire les services fournis. Quoi qu'en disaient les syndicats de la fonction publique, qui prévoyaient une catastrophe, la satisfactions des citoyens quant à la qualité des services ne s'est pas détériorée." (traduction EclairEco)

Source: http://www.economist.com/news/leaders/21679196-despite-his-retreats-week-george-osborne-remaking-british-state-u-turns-and-new

La chute des marchés financiers

Depuis mercredi, les indices Eurofirst 300 et S&P 500 ont perdu respectivement 11.7% et 6.2%. Ces baisses ont été précipitées par celle des marchés chinois, avec l'indice Shanghai SE composite en chute de 24.6% depuis mardi dernier. Selon le Financial Times:

"the problems are a collision of China jitters with a realisation that the Chinese and US central banks may not move to shore up confidence with (even) more economic stimulus, a path both the Federal Reserve and the People's Bank of China went down after the 2008 financial crisis."

Source

Le dilemme européen

"A transfer union needs rules and institutions to protect taxpayers from moral hazard. That in turn requires a much greater degree of political union and fiscal oversight, which is hard to reconcile with [national government's] demands for political sovereignty."

Source: Wall Street Journal.

Une victoire pour la Grèce ?

Le point de vue de Richardo Hausmann, Professeur à Harvard:

"So Greece said no to a plan that was no longer on the table. Paul Krugman and Jeffrey Sachs celebrate the decision. They hope to get a debt write-down for Greece. I honestly do not understand their position. To me, the Greek debt is pretty much irrelevant. The country is not paying a single euro in interest on its debt in net terms. It has been running primary deficits ( a shortage of revenues over spending excluding interest payments). Its debt is high but the interest rate is super-low, courtesy of European taxpayers.

If Greece writes down its debts, its banks will be bankrupted. The ECB will not be able to bail them out and the banking freeze will continue, accelerating the economic collapse. I don't see how the banks can be bailed out in a week and I don't see how the economy can avoid the catastrophe. Sachs in Project Syndicate says that Greece has the right to remain in the euro. I don't know what that means in practical terms. The Greeks may be as euphoric with this "victory" as Europeans were in the summer of 1914."

Les banques grecques après le non au référendum

A court-terme, c'est probablement le problème le plus important. A moins que la BCE n'augmente son programme d'Emergency Lending Assistance pour les banques grecques, The Economist a la prévision suivante:

"The banks are expected to run out of cash by the middle of the week, if not sooner, and are in such a fragile state that a collapse cannot be far off. Collapse would probably mean the issuance of a national currency to make depositors whole, and that, in turn, might mean the beginning of the end of Greece's euro membership."

Source: http://www.economist.com/news/business-and-finance/21657002-landslide-vi...

La crise grecque : leçons et contagion

On parle beaucoup de contagion financière associée à la crise grecque: les marchés financiers pourraient craindre que d'autres pays européens vulnérables ne connaissent le même sort. Par conséquent, les primes de risque associées aux émissions de dette publique de ces pays, et donc le coût de la dette publique, pourrait augmenter. Les banques de ces pays pourraient également être perçues comme étant en situation précaire, ce qui précipiterait des paniques bancaires qui paralyseraient le système monétaire et financier.

Cela dit, deux autres effets de nature politique sont également possibles. Premièrement, les gouvernements des pays en difficulté vont prendre conscience qu'il n'est pas nécessairement payant de s'obstiner à refuser les réformes économiques et à demander d'avantage d'aide en provenance de l'Europe sans contrepartie. Autrement dit, l'opposition aux réformes structurelles pour la sortie de crise assortie de la volonté de faire payer les contribuables des autres pays pour atténuer les effets de celle-ci pourrait se révéler être une option non-viable sur le moyen-long-terme. Deuxièmement, les électeurs des différents pays européens vont peut-être se rendre compte qu’il n’y a pas de solution miracle, que l’appartenance à l’Europe ou à l’euro ne dispense pas leurs pays d’entreprendre les réformes parfois douloureuses à court-terme, mais nécessaires au retour durable de la croissance et à la résorption du chômage.

Un autre scénario, moins optimiste, prendrait la forme d’une vague de protestation à travers l’Europe, d’une perte de confiance envers les institutions européennes et d’un repli nationaliste. On parlerait alors des « échecs » de l’Europe, du manque de « démocratie européenne », du « diktat » des marchés financiers et des institutions européennes. En bref, on tirerait les mauvaises leçons de la crise grecque.

Quelles leçons tirer de cette crise alors ? Premièrement, cette crise n’est pas liée à l’aspect le plus fondamental de l’Europe dans sa forme actuelle, qui est la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux. Attention donc à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Deuxièmement, cette crise révèle les limites de l’euro. Les économistes avaient depuis longtemps prévenu que l’Europe n’est pas une zone monétaire optimale, ne serait-ce que parce que les prix internes (salaires notamment) sont insuffisamment flexibles, et les cycles économiques des différents pays trop disparates. Sans l’option de dévaluer ou d’ajuster la politique monétaire, un pays frappé par un choc asymétrique (i.e., qui n’affecte pas autant les autres pays) va faire face à une grave crise économique si les prix internes (salaires notamment) ne s’ajustent pas à la baisse. En ce sens, la monnaie unique a des conséquences similaires à celles de l'étalon or. Troisièmement, cette crise révèle les limites voire l’impossibilité d’une « solidarité européenne ». Une solution potentielle au point précèdent consiste en la mise en place de transferts budgétaires inter-pays. Mais les évènements récents ont révélé (comme on aurait d’ailleurs pu s’y attendre) que certains pays ne jouent pas le jeu, et essayent d’empocher le maximum d’argent en provenance des autres pays tout en s’abstenant de faire les réformes nécessaires pour relancer leur économie. Ils évoquent alors la fameuse solidarité européenne pour tenter de justifier des transferts toujours plus massifs, tout en refusant de s’attaquer aux causes plus fondamentales du marasme économique.

Pour résumer, l’euro est une mauvaise idée si l’Europe n’est pas une zone monétaire optimale et en l’absence de transferts budgétaires inter-pays. Or ces transferts induisent un problème d’aléa moral (ou « moral hazard »), tandis que l’Europe n’est en effet pas une zone monétaire optimale. Trois pistes sont alors possibles. Premièrement, on peut imaginer un système de transferts conditionnels qui responsabiliserait les pays receveurs. Malheureusement, il est difficile d’imaginer la forme que pourrait prendre un tel système en pratique, et il serait probablement incompatible avec la souveraineté nationale en matière budgétaire. Deuxièmement, on pourrait tenter de faire de l’Europe une zone monétaire optimale, notamment en facilitant l’ajustement à la baisse des salaires dans certains pays lorsque les conditions économiques l’imposent. Cela semble politiquement difficile. Troisièmement, on pourrait conclure que, contrairement à l’Union Européenne, l’euro était une mauvaise idée.

La crise grecque: finalement un dénouement?

Une nouvelle crise financière se prépare pour la semaine prochaine. Hier, vendredi 27 juin, le premier ministre grec Alexis Tsipras a proposé un référendum pour demander aux citoyens grecs s'ils acceptent les conditions des institutions européennes en contrepartie du prolongement du soutien financier de ces dernières. Face à l'urgence et à la mauvaise foi du gouvernement grec qui faisait trainer les négociations depuis plusieurs mois et faisait déjà campagne pour que le "non" l'emporte au référendum, les ministres des finances européens ont aujourd'hui décidé l'arrêt des transferts monétaires vers la Grèce dès mardi.

Les banques grecques, qui faisaient déjà face à une panique bancaire, vont vraisemblablement voir celle-ci s'amplifier. Les instances grecques et européennes considèrent maintenant la mise en place de contrôle des mouvements de capitaux pour juguler une fuite massive d'argent hors de Grèce. Rappelons que les institutions européennes, notamment la BCE, ont acheté massivement de la dette grecque depuis plusieurs années, mais elles ont également refinancé les banques grecques alors que la valeur des actifs de ces dernières était très incertaine. En effet, ces banques détiennent essentiellement de la dette publique grecque, et elles ont accordé des prêts aux entreprises et aux ménages, surtout en Grèce. En cas de défaut de paiement, la valeur de la dette publique grecque serait bien évidemment fortement réduite. Quant aux entreprises grecques, elles sont maintenant en situation très précaire du fait de la situation du pays : depuis le début de l’année, soixante d'entre elles font faillite par jour en moyenne. Enfin, les ménages n'ont souvent plus les moyens de rembourser leur dette, qu'il s'agisse d'hypothèques ou de prêts a la consommation, et certains choisissent même de ne plus payer d'intérêts. Source.

Quelques mots enfin du Professeur John Cochrane sur les transferts monétaires de l’Europe vers la Grèce : "The big Greek bailout already happened. Private investors, largely European banks, who held Greek government debt got to sell their debt to government and IMF. (...) One way of viewing the current slow motion crisis is an invitation for ordinary Greeks to join these investors. Take euros out of the bank. The government default will happen, possibly with bank closures, capital controls, currency exit, and expropriation. But lending to Greek banks is now bailed out, with the losses sent to Europe via the ECB, just as German banks' lending to Greek banks was bailed out in the first round." Source.

Un très bon résumé de la crise.

PS (nouvelles du 28 juin): la BCE a décidé dimanche de ne pas étendre son programme de refinancement des banques grecques (Emergency Liquidity Assistance), ce qui pourrait avoir pour conséquence une fermeture des banques dès lundi et l'imposition de contrôle sur les mouvements de capitaux accompagnée d'une sortie de la Grèce de l'euro à court terme. Source.

Et la crise en France...?

On parle beaucoup de la Grèce, qui a pourtant mis en place de large réformes ces dernières années. Et la France? Un article publié aujourd'hui dans le Financial Times nous rappelle les profonds problèmes de cette dernière, son inabilité à les reconnaitre, et son inaction.

"France face[s] mounting problems of high debt, slow growth, unemployment, poor public finances, lack of competitiveness and an inability to undertake necessary adjustments. (...) France’s problems are structural ... High wages, inflexible labour markets, generous welfare benefits, large public sectors and restrictive trade practices are major issues." Source.

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