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Eclairages Economiques - le blog

L'éclatement de la zone euro en 2012-2013

Un peu de science fiction avec un scénario plausible, le tout écrit par un économiste de premier rang (Charles Goodhart de la LSE) : http://www2.lse.ac.uk/fmg/workingPapers/specialPapers/PDF/SP201.pdf

Les premières pages relatent l'histoire de la crise de la dette publique, tandis que la science fiction commence en page 18 du fichier pdf.

Le budget de l'Etat grec bientôt contrôlé par l'Europe

C'est le sort des pays en faillite : les prêteurs ou créanciers exigent des garanties, sans quoi ils refusent simplement de prêter davantage ou de renouveler leurs prêts. La Grèce ayant des difficultés à retrouver le chemin de l'équilibre budgétaire, l'Allemagne exige maintenant de contrôler les finances publiques grecques.

Comme dit le proverbe anglais, "beggars can't be chosers", c'est-à-dire que lorsqu'on mendie on ne peut se permettre de choisir. 

http://www.reuters.com/article/2012/01/27/us-eurozone-greece-germany-idUSTRE80Q1ZF20120127

Comment le Canada a assaini ses finances publiques et retrouvé son AAA

Bon article des Echos sur ce thème : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/enquete/0201801290395-comment-le-canada-a-reconquis-son-triple-a-271149.php

"Pour résorber le déficit budgétaire, le Canada a fait le choix de réduire drastiquement la taille de la fonction publique, sans augmenter les impôts d'une façon insupportable (...) Le bilan est impressionnant : 47 000 postes de fonctionnaires supprimés, soit environ 20 % de la fonction publique fédérale. « Ce qui a permis en trois ans d'éliminer le déficit budgétaire et de donner un ‘‘avantage'' au Canada pendant quinze à vingt ans », se félicite Jocelyne Bourgon. Pour faire accepter cette sévère cure d'amaigrissement, le gouvernement d'Ottawa a mis en place un système d'aides et de mesures d'accompagnement pour le reclassement des fonctionnaires."

Pour comprendre la gestion de la France...

Il suffit de lire ces deux articles, parus aujourd'hui sur le site du Figaro.

D'un côté, après des décennies de laxisme budgétaire et de croissance incontrôlée des dépenses publiques, la France perd sa note de crédit AAA : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/01/13/97002-20120113FILWWW00480-standard-and-poor-s-a-degrade-la-note-de-la-france-selon-une-source-gouvernementale-francaise.php.

De l'autre, la France loue deux pandas à la Chine, pour un coût de 750 000 euros par an : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/13/01016-20120113ARTFIG00460-deux-pandas-de-chine-en-route-pour-la-france.php.

Rien à ajouter.

Les investisseurs payent l'Allemagne pour lui prêter de l'argent !

Lundi, l'Allemagne a émis des bons du Trésor à six mois avec un rendement négatif, c'est-à-dire qu'au mieux, les investisseurs se verront rembourser moins que ce qu'ils ont prêté dans six mois. (source) Comment est-ce possible ?

Cela traduit deux choses peu rassurantes. Premièrement, l'absence de bonnes opportunités d'investissement. Deuxièment, les doutes quant à la solidité du système financier. En effet, supposons que vous avez 100 000 euros à investir. Vous pouvez les garder chez vous en cash, à vos risques et périls (perte, vol, incendie, etc.). Vous pouvez les placer à la banque, au risque de ne pas tout retrouver si celle-ci fait faillite (la garantie des dépôts est en effet plafonnée). Dernière option, vous pouvez investir dans un actif très sûr, les bons du Trésor allemand par exemple. Les investisseurs qui ne font pas confiance à leur banque choisissent donc de contourner leur intermédiaire financier, en ne laissant pas de fonds sur leur compte bancaire, mais en prêtant directement à un emprunteur relativement sûr (l'Allemagne), même à perte.

Les métaux précieux pourraient aussi voir leur valeur augmenter en cas de doute sur le système financier. Cela dit, ils ne procurent aucun rendement. Au contraire, un investissement dans la pierre procure un rendement positif et relativement sûr. Cela peut expliquer que les prix de l'immobilier restent à un niveau élevé malgré la crise (on explique cette logique dans cet article) et des loyers qui progressent à peine. Notons que la diminution des taux d'intérêt due à des perspectives de croissance faible et à une incertitude persistante pourrait encore pousser à la hausse les prix de l'immobilier. Encore une fois, ce n'est pas parce que l'immobilier devient un placement exceptionnel en soi, mais surtout parce que les autres placements potentiels sont encore pires...

De bonnes résolutions pour 2012

Selon The world in 2012 de The Economist (traduction eclaireco) :

"La crise pourrait être utile. Elle pourrait forcer de nombreux pays occidentaux à réformer leur secteur public, dont le poids ne cesse de croître et qui fournit des services de piètre qualité. La libéralisation des marchés du travail et des biens et services en Europe rendrait enfin possible la croissance économique dont le continent a besoin pour émerger de la crise de la dette publique. (...)

Quant à la France, elle change, mais seulement lentement. Aucun politicien n'étant prêt à proposer les réformes nécessaires, en 2012 la France avancera tant bien que mal, au lieu de mettre en place une grande réforme de l'Etat Providence et du marché du travail dont le pays a tellement besoin pour retrouver sa compétitivité."

Une taxe sur les transactions financières ?

Une très mauvaise idée, comme nous l'expliquons ici :  http://www.eclaireco.org/TaxeTobin

Pour on contre la TVA sociale ?

Au-delà du marketing politique, la "TVA sociale" consiste simplement à basculer une partie du financement de la Sécurité Sociale des charges sociales (donc l'imposition du travail) à la TVA (donc l'imposition de la consommation). Est-ce une bonne chose ? Pour vous faire une idée :

 - Une note de deux économistes réputés sur le sujet : http://www.eclaireco.org/TVAsociale.

 - Notre article sur le système fiscal optimal, qui rappelle les dangers d'imposer excessivement l'activité, et le fait que la TVA est (relativement) un bon impôt : http://www.eclaireco.org/SystemeFiscalOptimal.

Le rôle de l'Etat dans les catastrophes naturelles

Une vidéo très bien écrite et réalisée sur les effets pervers de l'intervention publique : http://www.youtube.com/watch?v=QJqZDtVXPUU&feature=share

La croissance de la Chine

Quand la Chine va-t-elle dépasser les Etats-Unis ? Sans doute en 2018. The Economist vous permet d'utiliser vos propres hypothèses pour comparer la trajectoire du PIB chinois et américain : http://www.economist.com/blogs/dailychart/2010/12/save_date

Une réglementation financière insuffisante ?

Ce n'est pas le point de vue du Professeur de Finance de Chicago John Cochrane, qui a lancé son blog :

"The main lesson of the financial crisis is not that we did not have "enough"  [financial] regulations -- we had hundreds of thousands of pages of regulation. The lesson of the financial crisis is that most of those were "dumb" regulations."

Dans ces conditions, il n'est pas sûr que de nouvelles réglementations soient nécessairement pertinentes ou bénéfiques.

http://johnhcochrane.blogspot.com/2012/01/three-kinds-of-regulation.html

Les freins à la croissance économique

Pourquoi la croissance économique future serait-elle plus faible que par le passé ?

1. Les populations sont maintenant bien éduquées, de sorte que l'augmentation de la productivité du travail permise par une meilleure éducation ne va plus accroître la croissance future. Bien sûr, il ne servirait à rien d'abaisser le niveau pour permettre à davantage de jeunes de faire des études, ou de donner des diplômes élevés à des travailleurs dont le travail ne demande que peu de qualifications.

2. De même, la participation des femmes à la force de travail, qui a accru la croissance économique durant le XXe siècle (en représentant pas moins d'un quart du taux de croissance des Etats-Unis selon un article récent de The Economist), a maintenant peu de marges de progression. 

3. Il y a de plus en plus de retraités dans la population totale, lesquels ne produisent pas.

4. Les Français travaillent de moins en moins, comme on le montre ici : http://www.eclaireco.org/travail

5. Le poids de l'Etat, notamment au niveau fiscal et réglementaire, ne cesse de croître. On explique les conséquences néfastes en termes de croissance économique ici : http://www.eclaireco.org/poidsEtat

6. Avec le développement des pays émergents, les matières premières et l'énergie deviennent plus rares et plus chères.

Quel futur pour le modèle social français ?

La situation économique catastrophique en Corée du Nord (lire par exemple cet article) nous fait à nouveau prendre conscience des implications économiques d'une économie administrée avec un secteur public atrophié.

Pourtant, depuis de nombreuses années la France se dirige toujours plus dans cette direction. 

Premièrement, les dépenses publiques (maintenant à 57% du PIB) ne cessent de progresser. Les dépenses publiques servent notamment à payer des revenus de transfert qui récompensent de facto l'inactivité, ou déconnectent la contribution économique d'un individu de son bien-être. 

Deuxièmement, et c'est le revers de la médaille, les impôts sur l'activité, en particulier sur les revenus du travail et du capital, découragent le travail et l'investissement (en France), d'autant plus que les taux marginaux sont élevés. Nous en avons tiré les conséquences ici : http://www.eclaireco.org/SystemeFiscalOptimal 

Dans ces conditions, pas étonnant que les Français travaillent peu, investissent peu, produisent peu, et soient peu motivés. Le travail est en effet de moins en moins récompensé, et l'inactivité de plus en plus subventionnée. Le poids croissant de l'Etat étouffe ainsi le secteur privé et contribue au déclin du pays.

Troisièmement, le manque de concurrence d'une part, les difficultés à licencier d'autre part, permettent à des entreprises et des employés peu performants de conserver leur position. Cela entrave le processus de destruction créatrice, qui est pourtant un moteur essentiel de la croissance économique. Pour simplifier, les ressources productives ne sont pas réallouées dans les activités où elles seraient les mieux utilisées. Autre conséquence pernicieuse de cet état de faits : chacun cherche à acquérir une rente, puis la défend coûte que coûte. Cela explique la résistance pathologique au changement dans la société française ainsi que son manque de dynamisme.  

On s'éloigne donc de plus en plus du modèle économique qui a depuis deux siècles rendu possible une croissance et un développement extraordinaires. Pas étonnant que la France stagne, tout comme d'autres pays qui ont suivi une évolution similaire à base de corporatisme et de socialisme. Comme on le constate avec la crise de la dette publique, le modèle social européen est tout simplement insoutenable sur le long-terme.

Comme le dit Kenneth Rogoff, Professeur à Harvard, "Le capitalisme moderne a connu un extraordinaire développement depuis le début de la Révolution Industrielle il y a deux siècles, en faisant sortir de la misère des milliards de gens ordinaires. Le marxisme et le socialisme ont en comparaison un bilan désastreux. (...) Le capitalisme continental européen, qui combine généreusement les prestations de santé et les avantages sociaux avec des heures de travail raisonnables, de longues périodes de vacances, une retraite anticipée et une répartition relativement égale du revenu, semble tout avoir en sa faveur – sauf la durabilité." http://www.project-syndicate.org/commentary/rogoff87/French

Comment les politiciens européens aggravent la crise

"By dutiful application of bad ideas and wishful thinking, the Europeans have turned a simple sovereign restructuring into a currency crisis, a fiscal crisis, a banking crisis, and now a political crisis. They could have had a lovely currency union without fiscal union. (...)

They could do what George Schulz beautifully called the "simple obvious" things, and return to the kind of strong growth that would let them pay off large debts. Alas, the ECB is full in, both buying debt and lending to banks who buy debt, so now a sharp euro inflation - which is just a more damaging and wider sovereign default -- seems like the most likely outcome. (...)

The guarantee/regulate/bailout regime ends eventually, when the needed bailouts exceed governments' fiscal resources. That's where Europe is now. (...)"

John Cochrane poursuit avec des recommendations excellentes comme l'abolition du statut de banque ("liquidity need no longer coincide with fixed value and first-come first-served guarantees"), et l'émission de perpetuités par les Etats ("Governments can be financed by coupon-only bonds with no principal repayment, thereby eliminating rollover risk and crises.").

Il s'intéresse ensuite aux causes de la croissance molle outre-Atlantique :

"What if this is a disease of tax rates, social programs that pay people not to work, and a "war on business." Perhaps this is the beginning of eurosclerosis. If so, macro tools cannot help. If so, the answer is "Get out of the way." People hate this answer. They want to know "what would you do?" What's the bold new plan? What's the big new idea?"

http://econlog.econlib.org/archives/2011/12/john_cochranes_1.html

Comment relancer la croissance économique ?

Les plus grands économistes américains se sont retrouvés pour répondre à cette question : http://johnbtaylorsblog.blogspot.com/2011/12/restoring-robust-growth-in-america.html.

Encore une fois, il est peu probable qu'ils soient écoutés par les politiciens, mais ces derniers ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.

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