Pragmatique, rationnel, indépendant

Eclairages Economiques - le blog

L'avenir de la recherche en économie

Quatre jeunes économistes donnent leur avis sur l'évolution de la science économique dans les prochaines années. On peut notamment lire : 

"My guess, therefore, is that if one looks back 20 years from now, one will notice that a shift occurred towards studying the basic, big-picture, policy-relevant questions of macroeconomics—e.g., optimal currency areas, bank runs, fads and herding in financial markets, and automatic stabilizers—that have the power to change the course of history. (...) the current crisis will accelerate that development, with models integrating financial frictions that were clearly central to its emergence"

Source :

Les ravages d'une imposition excessive

"La taxation à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros n'est pas encore votée, mais elle fait déjà des ravages. Elle fait fuir dirigeants et cadres supérieurs, même ceux qui sont encore loin de gagner une telle somme. (...) Leurs impôts rempliront désormais les caisses d'autres États, leurs dépenses personnelles feront fleurir les économies d'autres pays. (...) «Faire venir un cadre de haut niveau et le baser en France, c'est devenu mission impossible.» (...) J'observe des inquiétudes dans mon entourage, ce sont avant tout mes collaborateurs qui m'interrogent sur leur déménagement à l'étranger"

Source :

Cette imposition à 75% des hauts revenus n'est pas le premier impôt qui va in fine coûter plus cher à l'Etat qu'il ne lui rapporte (un comble !). L'ISF partage également cette caractéristique, comme l'a montré cette étude de l'Institut Montaigne :

Un article essentiel pour comprendre la crise en Grèce

Des dépenses publiques et des impôts en hausse, et une économie en crise... Ca vous rappelle quelque chose ? Ce n'est pas seulement la voie choisie par la France, mais aussi par la Grèce. L'article de Forbes à ce sujet (référencé ci-dessous) est particulièrement instructif. Extraits :

"[Public] Spending [in Greece] is higher in January-May 2012 than it was in the same five months of 2011, 2010, or even 2009. What about tax revenues? Tax rates have been heading consistently higher, but did this produce any extra revenue? Revenues in Jan-May 2012 are in fact a little lower than they were in 2009 and 2010, before the big tax hikes. (...)

We are supposed to believe that the hideous economic contraction in Greece is due to the intolerable decline in government spending. But government spending didn’t actually decline. What caused the economic contraction? (...) Apparently, 6,000 businesses have alreadyrelocated from Greece to neighboring Bulgaria. [Coud it be] because of the increasing tax rates and general environment of chaos and wealth-confiscation in Greece?"

Les effets pervers des impôts

Petit rappel de The Economist : "Economists dislike [taxes] not because they relieve people of their money, but because they distort people’s behaviour. Income taxes discourage work; corporate taxes inhibit enterprise; even consumption taxes obstruct some mutually beneficial exchanges. These lost purchases deprive customers of a deal and shops of a sale, without raising any money for the government. The best taxes impinge little on the decisions people make, or fall on things worth inhibiting [tobacco, carbon emissions, etc.]." Source:

Notre article sur le système fiscal optimal :


Pourquoi la France emprunte-elle à un taux négatif ?

Pas d'euphorie pour autant, le taux négatif est seulement le taux à court-terme de six mois sur la dette publique, les maturités plus longues étant encore caractérisées par des taux plus "normaux", supérieurs à 2%. 

L'existence d'un taux d'emprunt négatif reflète avant tout la méfiance des épargnants et des investisseurs vis-à-vis du système bancaire. En effet, si on redoute un effondrement des banques, notamment du fait de la crise des dettes souveraines, on a intérêt à ne pas laisser d'argent sur son compte bancaire, quitte à le placer à un taux légèrement négatif... N'oublions pas que l'assurance des dépôts est plafonnée dans de nombreux pays, y compris en France.

Une Europe fédérale ?

Après tout, les Etats-Unis sont bien un Etat nation fédéral. L'Europe, actuellement une fédération de nations, pourrait-elle suivre la même voie ? Probablement pas :

"Hamilton probably would have scoffed at the idea that federal institutions devised to unite Masschusetts, Virginia and New York could unite Germany, Greece and Poland. In 1802 he wrote 'The safety of a republic depends essentially on the energy of a common national sentiment; on a uniformity of principles and habits; on the exemption of the citizens from foreign bias and prejudice; and on that love of country which will almost invariably be found to be closely connected with birth, education and family.'" (source: FT, American history lessons for the eurozone)

L'inefficacité de la relance

Les Etats-Unis ont dépensé plusieurs centaines de milliards de dollars pour relancer leur économie en 2009 et 2010 dans le cadre du fameux "stimulus package" de l'administration Obama. Résultat: un taux d'emploi qui n'a pas bougé depuis (cf. le graph ci-dessous), une économie américaine qui est devenue accro aux dépenses publiques, et une dette publique qui atteint des niveaux inquiétants.


Au moment où les socialistes français voudraient une grande relance européenne par la dépense publique, ce type de graphique devrait faire réfléchir.

Rappelons notre article sur la politique conjoncturelle, qui explique pourquoi celle-ci est largement inefficace :

France : prêts à quitter le navire

Témoignage : "More than the 75 per cent rate, it is a move to higher wealth and inheritance taxes that worries him – and what he perceives as a cultural hostility to the rich. “The anti-wealth rhetoric is just not encouraging. I’d rather be in a country where I don’t have to deal with that,” he says."

L'exode des talents n'est pas tout. La politique fiscale du gouvernement Ayrault est également fondamentalement inefficace. Pour Henri de Castries, "There is no example, in modern economic history, of a country that has succeeded  in reducing its deficits by bringing taxes to a confiscatory level. On the contrary, it leads to a decline in activity, and an increase in the deficits." Pour Guillaume de Poitrinal, "I am sure that the government realises that if [big French businesses] are weakened vis a vis their competitors abroad, this would be a negative for employment, tax resources and economic growth."

Laurence Parisot parle d'un étranglement systématique, tandis qu'un avocat spécialisé en relocalisation en Suisse affirme que son volume d'affaires a été multiplié par neuf depuis début 2012 et les craintes d'arrivée au pouvoir de François Hollande. Pour James Johnston, non seulement l'imposition à 75% (qui se traduit par un taux marginal d'environ 90%) ne rapportera rien ou presque, mais elle poussera de nombreux Français aux revenus élevés à quitter le pays. Pour François Pérol, les entrepreneurs français seront découragés. 

Source : France : Ready to Jump Ship,

Les socialistes contre la destruction créatrice

"The Socialists are unlikely to be terribly successful at preventing the destruction of jobs, but they may be all too effective, however unintentionally, at stifling job creation.

Among the party’s most popular campaign promises was to tax incomes of more than €1m at a marginal rate of 75%. The likely consequences will be much less admired. Some big companies will leave France or move management abroad in order to shield their executives from the tax. That will lead them to invest and hire more overseas rather than at home. Paris is full of rumours of hasty departures. (...)

But the most important consequence of stratospheric taxes will be less visible, at least at first. Marc Simoncini is one of France’s best-known entrepreneurs—and one of the few business leaders to denounce the new measures publicly. Why, he recently asked, would anyone want to start a business, invest and succeed in the most taxed country in the world?"

Source : Adieu la France,

Dette publique et conflit intergénérationnel

"The heart of the matter is the way public debt allows the current generation of voters to live at the expense of those as yet too young to vote or as yet unborn. (...) But the official debts in the form of bonds do not include the often far larger unfunded liabilities of welfare schemes like – to give the biggest American programmes – Medicare, Medicaid and Social Security. (...)

To illustrate the magnitude of the problem, the economist Laurence Kotlikoff calculates that to eliminate the federal government’s fiscal gap would require either an immediate 64 per cent increase in all federal taxes or an immediate 40 per cent cut in all federal expenditures. (...)

It is surprisingly easy to win the support of young voters for policies that would ultimately make matters even worse for them, like maintaining defined benefit pensions for public employees. If young Americans knew what was good for them, they would all be in the Tea Party."

Niall Ferguson, Professeur d'histoire à Harvard --

Les divergences France-Allemagne s'accentuent, tant au niveau économique que politique

"Lasse d'incrédulité, l'Allemagne ne cache plus son irritation à l'égard de François Hollande. La stratégie du président français pour sortir la zone euro et la France de la crise dépasse l'entendement pour la classe dirigeante outre-Rhin. (...) Berlin se désole de ne pouvoir compter sur son partenaire historique dans la construction européenne au moment crucial où la zone euro doit se réorganiser pour affronter l'avenir. En fustigeant la «médiocrité», qui ne doit pas devenir l'étalon» en Europe, la semaine dernière, Angela Merkel visait bien la France (...) «Sarkozy avait su saisir la chance de cette alliance Merkozy», pour arracher des concessions à Merkel, souligne le Financial Times Deutschland dans un article intitulé: «Monsieur le président, rompez vos promesses!» (...) «Nous avons été abasourdis, confie un haut fonctionnaire allemand. Nous ne comprenons pas l'acharnement avec lequel Hollande cherche à rallier la France au club des PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne)." 

L'explosion de l'euro

Une analyse très complète de John Cochrane, Professeur de Finance à l'Université de Chicago :

Les limites de l'imposition des "riches"

David Cameron au G20: "When France sets a 75% top income tax we will roll out the red carpet and we will welcome more French businesses who will pay their taxes in Britain. That will pay for our public services and schools.”  

La fausse opposition entre austérité et croissance

L'austérité n'est pas incompatible avec la croissance, mais seulement si elle est conduite par une réduction des dépenses publiques et non par une augmentation des prélèvements obligatoires :

"The accumulated evidence from over 40 years of fiscal adjustments across the OECD speaks loud and clear:

  • First, adjustments achieved through spending cuts are less recessionary than those achieved through tax increases.
  • Second, spending-based consolidations accompanied by the right polices tend to be less recessionary or even have a positive impact on growth.
  • Third, only spending-based adjustments have eventually led to a permanent consolidation of the budget, as measured by the stabilisation – if not the reduction – of debt-to-GDP ratios."

(...) "Tax-based stabilisations not only eventually fail, in the sense that they are unable to stop the growth of the debt-to-GDP ratio. When these fiscal packages are announced entrepreneurs’ confidence falls sharply, and this is reflected in a fall in output. On the other hand, spending-based stabilisations (especially if accompanied by appropriate contemporaneous polices) do not negatively affect economic confidence contemporaneously. Moreover they are often accompanied by an increase in output within a year."

Source :

"The recession of the early 1980s was equally severe in countries that cut public spending and those that did not (...) This suggests that the "German view" of negative fiscal multipliers cannot be easily dismissed-at least for the countries where spending cuts were sharpest (...) This evidence consistently points to the experiences of Denmark and Ireland as the two most striking cases of "expansionary stabilizations" in Europe. (...) Why does the experience of Denmark so sharply contradict the Keynesian prediction about the effects of a fiscal contradiction? (...) [This] offers an opportunity to identify the conditions under which severe fiscal contractions can be expansionary."

Source : 

Syndiquer le contenu