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Eclairages Economiques - le blog

Un indicateur à surveiller

Le spread (différence de taux de rendement) entre les obligations d'Etat françaises et allemandes à 10 ans : http://www.bloomberg.com/quote/.FRAGER10:IND

Plus les investisseurs en obligations s'attendent à terme à un défaut ou autre forme d'expropriation (par exemple par l'inflation), plus le taux de rendement qu'ils exigent pour prêter à un pays est élevé, et plus l'Etat doit payer un taux d'intérêt élevé pour refinancer sa dette et financer les déficits publics.

Ces derniers mois, le spread France-Allemagne a progressé, mais reste encore à un niveau raisonnable. Si François Hollande prenait clairement l'ascendant à l'issue du premier tour, il serait intéressant de voir l'évolution de cet indicateur, car celui-ci préfigurerait les conditions dans lesquelles le candidat socialiste devrait gérer le pays.

PS: lundi 23 avril, au lendemain du premier tour, le spread en question était en hausse de 5% sur la journée. Depuis début avril, au fur et à mesure que François Hollande confortait son avance dans les sondages, le spread a augmenté de 33%, passant de 1,09% à 1,45%.

Depuis 30 ans, une France de moins en moins libérale ...

... et de plus en plus dysfonctionnelle. Mais aucun politicien ne remet en cause le poids croissant et maintenant écrasant de l'Etat dans l'économie française : http://lafaillitedeletat.com/2012/02/15/presidentielles-la-question-ne-sera-pas-posee/

Notre article sur les conséquences néfastes du poids de l'Etat dans l'économie : http://www.eclaireco.org/poidsEtat

Sauver l'Europe

Signalons ce bon article du Président de la Banque Mondiale dans le FT :  http://www.ft.com/intl/cms/s/0/f1bde7aa-8555-11e1-a75a-00144feab49a.html

Robert Zoellick souligne qu'un "firewall", c'est-à-dire un fonds européen destiné à prêter aux pays qui ne parviennent plus à emprunter à des taux faibles sur les marchés (ou "fonds de stabilité"), n'est pas adapté pour les grands pays comme l'Espagne ou l'Italie. En effet, les montants en jeu sont bien trop importants.

En revanche, ces pays ont besoin de temps et de soutien au moment où ils mettent en oeuvre les réformes structurelles qui leur redonneront à terme une bonne compétitivité, des finances publiques équilibrées, et un marché du travail plus ouvert qui permettra à chacun de trouver un emploi. Ces réformes rendent donc possible une croissance économique saine et durable. Cependant, malgré les effets bénéfiques de ces réformes sur le long-terme, elles se traduisent typiquement à court-terme par un processus exacerbé de destruction créatrice qui peut être difficile à vivre pour les populations touchées. Par conséquent, elles ne sont pas populaires, surtout dans des pays déjà en situation précaire.

C'est pourquoi Robert Zoellick préconise que les autres pays européens voire le FMI aident temporairement les pays qui se réforment réellement à traverser la tempête, en adoucissant la cure d'austérité. Il affirme que dans ces conditions, les pays en question retrouveront naturellement la confiance des marchés financiers, ce qui rend un "firewall" inutile. On ne peut qu'être d'accord avec lui sur ces points.

Hollande promet d'augmenter le SMIC

Comme nous en avons déjà discuté sur ce blog, le programme de François Hollande consiste en une liste de mesures contre-productives, inefficientes, et en tout cas néfastes pour l'économie française. A tel point qu'un programme qui prendrait le contre-pieds point par point serait excellent. 

Par exemple, sa position sur le SMIC doit être mise en regard de notre article sur le sujet : http://www.eclaireco.org/smic

Quelle politique d'austérité ?

Après des décennies d'excès, la France n'échappera pas au retour des politiques d'austérité. L'Etat français devra notamment vivre selon ses moyens. Cela dit, il y a de nombreuses façons d'atteindre cet objectif. Quel est le meilleur "policy mix" ? Des économistes d'Harvard font le point sur la question :

http://www.voxeu.org/index.php?q=node/7836

Le sous-emploi persiste aux Etats-Unis

Les statistiques du chômage aux Etats-Unis sont biaisées par le nombre important de chômeurs qui se découragent et arrêtent de chercher du travail, passant ainsi du statut de chômeur à celui d'inactif. C'est pourquoi le ratio emplois/population stagne à un niveau faible depuis trois ans : 

Entreprendre en France ?

"Un quart seulement des entrepreneurs français estiment que la France encourage l'entrepreneuriat (...) ll faut être un grand malade ou très masochiste pour entreprendre dans ce pays (...) personne n'ose prendre de risques, le profit - qui est la récompense du risque - est diabolisé (...) Avant même d'avoir émis la moindre facture, on me réclamait 600 euros forfaitairement pour les affaires sociales."

http://lentreprise.lexpress.fr/creation-entreprise/ll-faut-etre-un-grand-malade-ou-tres-masochiste-pour-entreprendre-dans-ce-pays_31097.html

 

Pourquoi les banques sont-elles si vulnérables ?

Pourquoi la crise des subprime mortgages a-t-elle eu de telles répercussions sur le système financier, alors qu'une crise similaire aux Etats-Unis dans les années 1920 n'a pas eu de telles conséquences ? Une très bonne analyse :  http://www2.lse.ac.uk/fmg/events/conferences/2012/Basel_Conference/Eugene%20White.pdf

Un peu de clairvoyance sur la campagne présidentielle

Encore une fois, il faut regarder à l'étranger pour une analyse claire et sans complaisance de la campagne actuelle. Selon The Economist, les candidats ignorent les problèmes fondamentaux du pays, soit une dette publique alarmante et une compétitivité inquiétante: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/30/20002-20120330ARTFIG00417-la-france-est-en-plein-deni-de-realite-selon-the-economist.php

L'éditorial de The Economist : http://www.economist.com/node/21551478

Un extrait : "France has not balanced its books since 1974. Public debt stands at 90% of GDP and rising. Public spending, at 56% of GDP, gobbles up a bigger chunk of output than in any other euro-zone country—more even than in Sweden. The banks are undercapitalised. Unemployment is higher than at any time since the late 1990s and has not fallen below 7% in nearly 30 years, creating chronic joblessness in the crime-ridden banlieues that ring France’s big cities. Exports are stagnating while they roar ahead in Germany. France now has the euro zone’s largest current-account deficit in nominal terms. Perhaps France could live on credit before the financial crisis, when borrowing was easy. Not any more. Indeed, a sluggish and unreformed France might even find itself at the centre of the next euro crisis."

Le rendement réel négatif des placements bancaires

http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/la-bce-d-pouille-les-pargnants-pour-sauver-les-banques-168915 

Rappelons que le rendement nominal d'un placement peut également être négatif, comme cela a récemment été le cas sur la dette allemande :  http://www.eclaireco.org/node/526

Une augmentation des taux d'imposition pourrait créer une nouvelle récession

C'est le cas aux Etats-Unis selon le Professeur d'Harvard Martin Feldstein, et probablement encore plus en France, où les taux marginaux sont déjà plus élevés :  http://www.nber.org/feldstein/ft03192012.pdf

Austérité, stimulus, ou réformes structurelles ?

Excellente analyse de John Cochrane, Professeur à l'Université de Chicago :  http://johnhcochrane.blogspot.ca/2012/03/austerity-stimulus-or-growth-now.html

En particulier, sur la crise grecque : "Is it irrelevant that Greece is 100th on the World Bank’s “ease of doing business” list, behind Yemen, 135th on “starting a business” and 155th on “protecting investors?” Is it irrelevant that professions from truck driving to pharmacies are still rigorously protected, that businesses can’t fire people, that (according to a Greek colleague) you can’t even get a driver’s license without paying a bribe? Does it not matter at all that, as the International Monetary Fund delicately put it in its latest report on Greece, the “structural reform program” aimed at “deeply ingrained structural rigidities in labor, product, and service markets” got nowhere? Does it not matter that Greece has a high combination of individual, corporate, wealth and social taxes, higher still under "austerity?" (...)

Keynesians urge devaluation to gain competitiveness. (...) [But] would lower wages compel you to invest money in Greece, surmount a thicket of regulation, expose yourself to the threats of wealth, property and business taxation, currency expropriation and capital controls, or even nationalization?"

Notons que ce corporatisme et cette socialisation de l'économie sont également très présents en France.

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