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The Eclairages Economiques Blog

Where is America going?

The article in the file below identifies long-term trends in American society. It analyzes evolutions on a range of topics on which the left and the right differ: the economy, military spending, other federal government spending, values, crime, and the culture. The left tends to win on more issues, even if the right managed to invert some trends since the 1980s.

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Si j'avais 700 milliards...

Il est regrettable que d’éminents économistes fassent appel à des parallèles infondés chargés d’émotions pour promouvoir leurs objectifs politiques. Ainsi, Jeffrey Sachs souligne dans son blog du Financial Times que les Etats-Unis ont trouvé 700 milliards de dollars pour ses banques « corrompues » (sans citer de preuve pour soutenir cette assertion, mais passons) mais ne parviennent pas à trouver une fraction de cette somme pour les pauvres et mourants du monde. Sortez les mouchoirs et les baillonnettes. Ou plutôt… Rappelons que cette somme de 700 milliards n’est pas une dépense nette, et pourrait même rapporter un profit à l’Etat Américain (voir notre fiche sur Le plan Paulson). Rappelons également qu’il s’agit d’éviter la matérialisation d’un risque systémique d’effondrement du système financier, qui ne bénéficierait à personne, pas même aux "pauvres et mourants" chers à Jeffrey Sachs. Un économiste devrait savoir cela.

 

La crise des subprime bientôt en France!

La France s'est souvent inspirée du leadership économique américain. Pour le meilleur comme pour le pire. Alors que la crise des subprime n'en finit pas de finir, le gouvernement français a annoncé à la surprise de tous que 60% des ménages contractant un crédit immobilier seront éligibles à une garantie d'Etat sur leur emprunt, contre seulement 20% aujourd'hui. Rappelons que la crise des subprime a été en large partie due à des mesures politiques comme le Community Reinvestment Act, et au lobbying d'associations locales et de politiciens qui cherchaient à étendre l'accès au crédit immobilier aux emprunteurs à la situation financière délicate et aux minorités ethniques. Les organismes semi-publics Fannie Mae et Freddie Mac ont ainsi apporté des garanties publiques à un nombre croissant d'emprunteurs à risque. Certains, comme le conseiller économique du Président George W. Bush, Greg Mankiw, ou Alan Greenspan, ont tiré la sonnette d'alarme dès 2004. Mais les membres du Congrès Américain, dont les campagnes électorales étaient en partie financées par Fannie Mae et Freddie Mac, ont fait la sourde oreille. Le Démocrate Barney Frank, aujourd'hui à la tête du banking committee, avait à ce propos déclaré: "If it ain't broke, don't fix it." Heureusement, les français rattrapent leur retard et comptent prochainement mettre en oeuvre le pire de ce que l'Amérique a offert. Que voulez-vous, nos dirigeants ne veulent pas être en reste.

Pendant ce temps, en France...

La récession guette la France. Le chômage augmente, la croissance est en berne, les déficits commerciaux perdurent, les déficits publics se creusent, le pouvoir d'achat recule... En ne réformant que timidement, le gouvernement a rendu l'économie vulnérable à un renversement de conjoncture. En n'éliminant pas fortement les dépenses publiques, il s'est privé de marges de manoeuvre.

Qu'en dit l'opposition? Que le gouvernement prend peu de mesures pour "créer des emplois". Le gonflement de la fonction publique a en effet été la solution de choix de la gauche pour réduire le chômage de 1975 a 2000 (cf. notre fiche sur Les dépenses publiques). Depuis, l'inertie a prévalu, ce qui revient à prolonger cette politique aux résultats médiocres. Pour Nicolas Baverez, l'élection de 2007 était probablement la dernière opportunité de réformer la France sans violence, sans révolution... 18 mois plus tard, on en vient à se demander si cette mission est accomplie.

Breaking news: le plan Paulson rejeté!

Les deux partis, Démocrate et Républicain, s'étaient mis d'accord. L'administration Bush soutenait également le plan du secrétaire d'Etat au Trésor, Henry Paulson. On s'attendait donc à ce que le plan Paulson passe (cf. le post de blog ci-dessous). Mais dans un vote surprise, la Chambre des Représentants a rejeté ce plan impopulaire. En cause, l'élection à venir... Les investisseurs ne s'y sont pas trompés, et le Dow Jones a connu ce lundi la chute la plus vertigineuse de son histoire.

On ose espérer que les considérations bassement politiciennes vont êtres résolues très prochainement. En attendant, l'économie mondiale retient son souffle. Hollywood n'aurait pas pu imaginer un tel scénario. 

PS: moyennant de petits arrangements politiques, le plan Paulson a été accepté par le Congrès le 3 octobre 2008.

Le plan Paulson passe

Le Congrès Américain est parvenu à un accord sur le plan Paulson (décrit ci-dessous), même si de nombreux détails sont encore flous. Afin d'obtenir l'accord des Démocrates, le plan incorpore des restrictions sur la rémunération des dirigeants, infondées économiquement mais populaires. Pourtant, en période électorale, les critiques sont nombreuses. Le fait que le Congrès (Démocrate) et le Président actuel (Républican) soient remarquablement peu populaires n'aide pas. Les conservateurs dénoncent un programme "socialiste", et sont scandalisés que les contribuables prudents payent pour les excès des autres. Pourtant, selon le Dean de Harvard Business School, "It isn't clear it's a bailout at all. … It may in fact be a very profitable investment." A gauche, on s'insurge contre un sauvetage des "capitalistes" de Wall Street, et on demande des transferts pour aider les ménages. Nous dénoncions déjà cette attitude irresponsable dans le post Le populisme financier. En attendant, le reste du monde regarde. En période de boom économique comme en période de crise, les Etats-Unis assurent le show.

La fin du parachutisme

Nicolas Sarkozy a promis d'interdire les parachutes dorés pour les dirigeants d'entreprises. Une de nos analyses montre clairement qu'il s'agit d'une mauvaise mesure, économiquement parlant. Pourquoi la prendre maintenant? Tant que l'économie est en période favorable, les politiciens tendent à tempérer leurs penchants démagogiques et interventionnistes. Mais désormais, l'excuse de "lutter contre les excès" qui ont amené la crise actuelle sera largement utilisée. Comme c'est régulièrement le cas, toutes ces mesures contribueront a enliser l'économie dans la récession. Ce qui appellera... d'autres mesures bien sûr!  

Le populisme financier

Le plan de sauvetage du système financier décrit ici est toujours bloqué au Congrès Américain par les Démocrates, qui insistent notamment pour que le gouvernement paye les dettes des particuliers qui ne parviennent plus à rembourser leurs emprunts hypothécaires. Notons que ces derniers ne font courir aucun risque systémique à l'économie. Les enjeux ne sont donc pas comparables avec le sauvetage des banques. Ensuite, les banques incriminées ont déjà amplement souffert: leurs actionnaires sont ruinés, et leur top management s'est fait licencier, tout comme une grande partie de leur employés. Enfin, on ne peut qu'être d'accord avec l'économiste Thomas Sowell lorsqu'il écrit:  "Bailing out people who made ill-advised mortgages makes no more sense that bailing out people who lost their life savings in Las Vegas casinos. It makes political sense only to people like Senator Dodd, who are among the reasons for the financial mess in the first place. People usually stop making ill-advised decisions when they are forced to face the consequences of those decisions, not when politicians come to their rescue and make the taxpayers pay." Mais, en période d'élection, le populisme domine outre-Atlantique. Dommage pour l'économie.  

Wall Street: la fin d'une époque

Les grands bouleversements se poursuivent à Wall Street. Morgan Stanley et Goldman Sachs, les deux dernières banques d'investissement, sont désormais des banques sous la supervision de la Fed (et non la SEC), en tant que telles abilités à collecter des "deposits", ou des fonds du public. Leur source de financement par emprunt était devenue trop incertaine et dangereuse. Ces deux géants feront désormais l'objet d'une supervision accrue. La suite au prochain épisode, vraisemblablement demain.

La cavalerie est arrivée

Afin de casser le cercle vicieux pouvant potentiellement mener à un effondrement du système financier mondial, le gouvernement Américain a proposé aux institutions financières américaines de racheter leur dette toxique, afin d'alléger leur bilan. La transaction s'élève à 700 milliards de dollars. L'idée consiste à stabiliser les marchés financiers et rétablir la santé des institutions financières. En retour, cela permettra au gouvernement de revendre ces titres de dette dans quelques mois ou quelques années, peut-être même en faisant un profit. Contrairement à ce qu'on entend souvent dire, il ne s'agit donc pas d'un coût net pour le contribuable. Un mécanisme similaire, le Resolution Trust Corp, avait été adopté avec succès lors de la "savings and loans crisis" des années 1980. En ce moment, ce plan est bloqué au Congrès Américain par les Démocrates, qui conditionnent leur soutien à un alourdissement des régulations économiques.

La fin des banques d'investissement?

Les banques d'investissement américaines sont en bien mauvaise posture. Apres Bear Sterns qui s'est fait racheté au bord de la faillite par JP Morgan il y a quelques mois, Lehman Brothers s'est mis sous la protection du fameux Chapter 11 américain (qui suspend les obligations vis-à-vis des créanciers pour permettre une restructuration et peut-être éviter la faillite) et Merrill Lynch est sur le point de se faire racheter par Bank of America. On assiste a une réorganisation phénoménale des banques d'investissement, en large partie due aux problèmes qui se sont développés lors de la crise financière de 2007-2008. Pourtant, tout comme l'éclatement de la bulle Internet en 2000 n'a pas sonné le glas des entreprises orientées Internet, ces épisodes ne remettent pas significativement en cause la place de la finance. A long-terme, on a plus que jamais besoin d'allouer le risque et d'orienter l'épargne vers les investissements les plus productifs. Le fait que le modèle actuel ait échoué ne signifie pas que ces besoins n'existent pas. Déjà, de nombreuses "boutiques" sont créées, alors que les éléphants disparaissent. La finance est une industrie très cyclique.

L'affirmation de la puissance russe

La Russie pense à utiliser son Sovereign Wealth Fund pour "soutenir les marchés financiers quand nécessaire", selon le ministre des finances Russe. Lorsqu'on se souvient des banques centrales qui avaient les mêmes ambitions de contrôler les marchés des changes dans les années 1990, et ont fait les fortunes des George Soros et compagnie lorsqu'elles ont finalement dû céder, on leur souhaite bon courage. Les Russes sont définitivement flambeurs.

Vivent les oiseaux qui chantent en paix dans les arbres

Dans le dernier numéro de Marianne, Philippe Manière remarque que la devise inscrite sur les timbres n'est plus "Liberté, Egalité, Fraternité", soit les grandes valeurs au fondement de la République française.

On est passé à "Démocratie, Paix, Environnement". Puisque la République succombe apparemment aux modes, il s'interroge alors sur la devise de l'année prochaine, et propose un "Bonne humeur, Chèque resto, Eoliennes".

Pour finir, on ne peut que le rejoindre lorsqu'il souligne que "L'ostentation dégoulinante avec laquelle la République se concentre aujourd'hui sur les sujets consensuels et politiquement corrects a quelque chose de lâche." Les politiciens parlent beaucoup de tri sélectif, moins de mobilité sociale ou de financement des retraites.

Obama, le candidat de la Bourse

Le Professeur d'Harvard Gregory Mankiw montre dans un article du New York Times que Barack Obama, qui a fait campagne avec un dicours de gauche, est paradoxalement le candidat dont les politiques seraient les plus favorables aux détenteurs d'actions. Greg en profite pour réaffirmer son opposition à l'imposition des dividendes. Les profits étant déjà imposés, cet impôt est redondant et donc inutile, mais il s'accompagne en plus d'une multitude d'effets pervers. Plus de détails ici: http://www.nytimes.com/2008/09/07/business/07view.html?ex=1378440000&en=4714b7da11d86f01&ei=5124&partner=permalink&exprod=permalink

Les flambeurs peuvent se lâcher

On croyait les individus plutôt myopes, plus cigales que fourmis. C'est la notion d'hyperbolic discounting, ou de forte préférence pour le présent incohérente temporellement (laquelle est irrationnelle, contrairement à la préférence pour le présent). Une Professeur de marketing d'Harvard suggère que l'aversion au regret peut au contraire encourager les individus à dépenser plus aujourd'hui, et à "investir dans des expériences mémorables", comme dépenser tout son salaire pour une bouteille de champagne en boîte. C'est aussi l'occasion d'utiliser des mots savants, comme "hyperopic", par opposition à "myopic".  http://hbswk.hbs.edu/item/6008.html

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