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Les problèmes de la retraite par répartition

Le système de retraites français entre dans une période difficile pour quatre raisons.

Premièrement, du fait d’un âge de la retraite fixe et d’une espérance de vie qui ne cesse d’augmenter, le rapport entre la période de cotisation et la période de retraites diminue dangereusement. Les deux systèmes de retraite, par répartition et par capitalisation, doivent faire face à ce problème.

Deuxièmement, dans un système de retraites par répartition dans lequel les travailleurs financent les retraités, ce problème est potentiellement aggravé par la forme de la pyramide des âges. Dès lors qu’un pays n’est pas suffisamment fertile et que le poids relatif des générations âgées par rapport aux générations jeunes s’accroît, la retraite par répartition n’est pas adaptée. En effet, s’il y a dans le pays moins de travailleurs et plus de retraités, les premiers sont plus taxés et les seconds reçoivent une pension moindre. Ce problème n’existe pas dans un système de retraites par capitalisation, puisque les retraités cotisent lors de leur période active pour leur retraite (et non pour celle des retraités d’alors), laquelle sera financée par les rendements de leur épargne investie mondialement.

Troisièmement, avec la retraite par capitalisation, un salarié met chaque mois (ou chaque année) une part de son revenu de côté pour financer sa retraite. Avec la retraite par répartition, un salarié est taxé pour financer les retraités contemporains. Dans le premier cas, il y a un lien direct entre revenu (présent et futur, lors de la retraite) et activité. Dans le second cas, ce lien disparaît. Il est avant tout contingent au rapport retraités sur actifs. Le système des retraites par répartition est donc injuste et arbitraire, au sens où il avantage les travailleurs qui ont eu peu de retraités à payer à leur époque (les 50-80 ans), mais il pénalise les travailleurs qui vont avoir à supporter tout le poids des retraités du papy boom (les 0-40 ans). Lorsqu’on sait que les décideurs politiques ont entre 50 et 70 ans, on comprend mieux les motivations de ce transfert intergénérationnel colossal au profit de la génération du baby boom, et aux frais des jeunes. Le scandale du maintien de la retraite par répartition, c’est qu’il soit invoqué au nom de la « solidarité », alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que du financement du train de vie des personnes âgées par des jeunes surtaxés et dociles.

Quatrièmement, La rentabilité du système de retraites par répartition dépend du taux de croissance de la population. La rentabilité du système de retraites par capitalisation dépend du rendement de l’épargne. Or ce dernier est désormais supérieur au premier. C’est pourquoi un système de retraites par capitalisation est dans les circonstances actuelles moins coûteux. Les pays qui l’ont adopté consacrent une part plus faible de leur PIB au financement des retraites, pour des prestations proches, comme montré dans la fiche sur La retraite par capitalisation.

Pierre Chaigneau

Pour en savoir plus :

o La retraite par capitalisation .

o Les retraites.

Editeurs : Pierre Pâris, Bruno Lannes, Pierre Chaigneau.

Quel recul avons nous sur

Quel recul avons nous sur les systèmes de retraites par capitalisation?
L'un des premiers mis en place l'a été par Pinochet et de façon obligatoire pour ne pas dire violente. Deux catégories de Chiliens ont préservé le système par répartition : les militaires et les policiers. Précisément ceux qui imposaient la réforme aux autres catégories de populations.
Entre les mirobolants bonus que se sont octroyés les gestionnaires de ces fonds de pension (vous êtes je crois opposé au plafonnement de ces rémunérations de dirigeants) et l'effondrement boursier actuel, il ne reste rien de cette capitalisation. En bref, les Chiliens n'ont pas de retraites malgré trente ans de cotisation.
Sauf les militaires et les policiers.
L'Entreprise Enron encourageait ses salariés à constituer une retraite par capitalisation par l'achat d'action Enron. Ces achats massifs maintenaient artificiellement le cours de l'action Enron que ses dirigeant revendaient en hâte avant son effondrement. A la chute d'Enron ses salariés se sont retrouvés sans emploi, sans retraite(la capitalisation valant zéro) et sans assurance maladie.
Vous vantez les mérites des retraites par capitalisation. Elles sont en fait socialement dangereuses voire explosives. La crise actuelle qui a fait s'effondrer les cours boursiers ne fait que confirmer ce fait.
Finalement malgré ses limites on peut être très, très, satisfaits, d'avoir en France un système de retraite par répartition.

C'est vrai, mais ...

Merci pour ce commentaire très pertinent.

Toutes les entreprises devraient avoir des placements diversifiés (pas uniquement actions de l'entreprise en question, mais une combinaison d'actions, d'obligations, de placements immobiliers, et ce sur plusieurs continents) dans leur fonds de pension. Autrement, comme dans le cas d'Enron, en cas de faillite les employés perdent à la fois leur emploi et leur retraite, ce qui est inacceptable. Un système par capitalisation mal géré est potentiellement catastrophique, c'est clair.

Ensuite, un fonds de pension a par nature une perspective de très long-terme. Les cours s'effondrent il est vrai parfois, même sur une décennie entière (comme dans les années 1930). Mais à très long-terme (disons 30 ans), les placements en actions ont une rentabilité généralement élevée - si élevée qu'elle a donné naissance au "equity premium puzzle" dans la litérature académique.

Dans un pays dans lequel le taux de croissance démographique est faible voire nul (le cas de la plupart des pays européens), il suffit que le taux de rendement sur le capital soit supérieur à zéro pour qu'un système par capitalisation domine un système par répartition.

Enfin, la période actuelle, avec des valorisations très faibles des actifs financiers (sauf obligations d'Etat) représente une opportunité en or pour passer progressivement à un système de retraites par capitalisation.

Dernier point, des contributions insuffisantes sont tout de suite évidentes dans un système par capitalisation, puisqu'on peut consulter la valeur de l'épargne accumulée. Dans un système par répartition, cela ne devient évident que lorsque les pensions promises sont dues, et doivent être payées par les charges sociales des générations suivantes. Par exemple, si l'on prennait en compte les engagements en matière de retraites des fonctionnaires et autres obligations de l'Etat dans la dette publique française, on obtient une dette publique de plus de 150% du PIB, bien au-dessus des 70% officiels (plus de détails ici: www.EclairEco.org/fr/dettepublique).