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Eclairages Economiques - le blog

Une mauvaise mesure des disparités de salaires

Aux Etats-Unis, les Démocrates souhaitent imposer aux entreprises de rendre public le ratio de la rémunération de leur dirigeant rapporté au salaire médian dans l'entreprise.

On imagine déjà le cauchemard logistique que cela représente : il faut non seulement centraliser toutes les rémunérations, mais également déterminer comment valoriser précisément des droits à la retraite, de l'épargne salariale, ou encore des stock-options (dont la valeur dépendra in fine du cours de Bourse dans plusieurs années).

Ensuite, cette mesure va être très biaisée : les banques, qui payent la plupart de leurs employés relativement bien, vont avoir un ratio relativement bas. A l'inverse, les entreprises de services aux personnes, qui payent typiquement des salaires plus faibles, vont typiquement avoir des ratios plus élevés et donc moins "présentables".

Ce n'est pas tout : au sein d'un même secteur, une entreprise qui externalise (peut-être en délocalisant) des activités à faible valeur ajoutée et donc peu rémunérées aura un ratio plus faible qu'une entreprise similaire qui conserve ces activités en interne. Si l'on y pense bien, l'obligation de rendre public un tel ratio inciterait les entreprises à délocaliser les emplois peu rémunérés afin d'augmenter artificiellement le salaire médian dans l'entreprise et ainsi afficher un ratio plus présentable. Le comble !

Paris seulement 18e place financière mondiale

Malgré ses nombreux atouts naturels, Paris ne parvient pas à s'imposer comme place financière internationale. Le dernier classement de référence place en effet Paris derrière Luxembourg. On explique pourquoi ici : http://www.eclaireco.org/fr/ParisPlaceFinanciere

 

L'humanisme et l'expulsion des Roms

Dans l'affaire de "l'expulsion des Roms", de nombreuses voies se font entendre, pour interpréter cet événement à la lumière de préjugés divers et variés. Mais quel oeil jetterait un économiste ? Il noterait avant toute chose que ces "expulsions" sont sur une base volontaire, avec aide financière de l'Etat français. Autrement dit, l'Etat français proposait aux Roms qui le souhaitent de les aider à rentrer en Roumanie. Or le principe même d'une transaction opérée sur la base de l'échange volontaire... c'est qu'elle bénéficie aux deux parties qui la choisissent ! Si l'on suppose que les Roms sont libres et responsables (une vision humaniste ou libertaire en somme), on peut penser qu'il sont en mesure de décider s'ils souhaitent utiliser cette opportunité.

Dans ce débat, il y a deux questions légitimes. Premièrement, quel est le coût de cette opération, et est-il justifié ? Deuxièmement, pourquoi l'Etat français ne propose cette opportunité qu'à ce groupe ethnique ?

Un système instable

Conclusion d'un article de The Economist, à laquelle on ne peut qu'adhérer : "Une combinaison de rendements faibles sur la dette publique, de déficits publics élevés, et de gouvernements qui voudraient que leur monnaie se déprécie, n'est pas stable. L'un de ces éléments devra changer."

Rappelons nos articles : www.EclairEco.org/fr/dettepublique et www.EclairEco.org/fr/deficitspublics.  

La politique industrielle

Quelle est une bonne politique industrielle ? Une politique industrielle est-elle même souhaitable ?

The Economist fait le point sur ces sujets importants :

L'éditorial, Leviathan Inc : http://www.economist.com/node/16743343?page=2

L'article : http://www.economist.com/node/16741043.

On y rappelle notamment que le choix d'entreprises à soutenir se traduit systématiquement par un gâchis énorme de ressources, et que les secteurs qui percent finalement sont ceux que l'Etat a laissé tranquille. En gros, la politique industrielle ne fonctionne pas. En revanche, une tâche importante de l'Etat est d'assurer aux entreprises un environnement propice aux affaires, et de maintenir un degré de concurrence suffisant. 

Rappelons également notre article sur la compétitivité internationale, qui explique pourquoi la politique des champions nationaux est vouée à l'échec, et le point de vue de Jean-Jacques Laffont sur la politique industrielle. 

Enfin, un regard extérieur sur l'attitude de la France et de son Président sur le capitalisme : http://www.economist.com/node/16646168 

 

Les syndicats et le chômage

Les syndicats ("unions") et les politiques de gauche contribuent-ils au chômage et à une reprise fragile ? C'est l'opinion de Gary Becker, prix Nobel d'économie, en ce qui concerne les Etats-Unis :

"The real threat to a robust recovery on the labor side has come from employer and entrepreneurial fears that once the economic environment improves, a Democratic Congress and administration will pass pro-union and other pro-worker legislation that will raise the cost of doing business and cut profits. In this way the obvious pro-union-pro-worker bias of the present [Obama] government has contributed to a slower recovery, especially in labor markets. This helps explain the depressingly slow decline in unemployment rates and in the number of workers who have given up looking for jobs." Source : http://www.becker-posner-blog.com/2010/08/unions-and-the-obama-administrationbecker.html

Mentionnons également l'analyse de Larry Summers, qu'on ne peut accuser d'être "de droite" puisqu'il s'agit de l'économiste en chef de l'administration Obama :

"Another cause of long-term unemployment is unionization. High union wages that exceed the competitive market rate are likely to cause job losses in the unionized sector of the economy. Also, those who lose high-wage union jobs are often reluctant to accept alternative low-wage employment. Between 1970 and 1985, for example, a state with a 20 percent unionization rate, approximately the average for the fifty states and the District of Columbia, experienced an unemployment rate that was 1.2 percentage points higher than that of a hypothetical state that had no unions." Source : http://gregmankiw.blogspot.com/2009/01/summers-vs-obama.html

 

Pour sortir durablement de la crise...

... il faut surtout se préoccuper de la productivité et engager autant de facteurs de production que possible. A long-terme, c'est ce qui compte : http://www.project-syndicate.org/commentary/rogoff71/English

Les politiques de soutien de la demande ne sont que des solutions de court-terme.

Comment punir les délits pour en finir avec l'insécurité

Nous expliquions dans cet article qu'il est optimal (selon la théorie économique) d'infliger la punition maximale aux délinquants et criminels. Pour résumer, les individus qui peuvent être poussés à commettre des crimes et délits par certains facteurs (une mauvaise éducation, la pression des pairs, etc.) vont effectivement passer à l'acte si la probabilité d'être puni est faible ou si la punition en cas de condamnation est faible. Il s'ensuit qu'une forte probabilité de condamnation en cas de délit et surtout une peine suffisamment lourde en cas de condamnation permettent d'endiguer la criminalité (voir cet article pour une démonstration : http://www.EclairEco.org/fr/crime).  

Fidèles à eux-mêmes, les politiciens ne tirent pas les implications de cette théorie de bon sens. Ils préfèrent souvent les beaux discours et les idéologies à l'action en réponse à la réalité du terrain. Ainsi, la quasi impunité des mineurs et des peines souvent légères pour les majeurs délinquants ont transformé de nombreuses villes en enfer dans lequel les délinquants font littéralement la loi.

Cet article du Figaro livre des témoignages sidérants d'habitants du centre-ville de Perpignan: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/31/01016-20100731ARTFIG00004-insecurite-c-etait-intenable-nous-sommes-partis.php.   Encore une fois, les politiciens gagneraient à s'inspirer des résultats de la science économique.

Un stress test pour rien

Les stress tests sont habituellement conçus pour estimer la capacité d'une institution ou d'un système à encaisser un choc violent et extrême. Dans le cas des banques européennes, on aurait pensé à des défauts souverains en chaîne, hypothèse maintenant plausible même si elle est encore peu probable.

Mais voilà, l'Europe insiste sur le fait que les défauts de pays européens sont non seulement peu probables, mais surtout impossibles ! Ils n'étaient donc pas au programme des stress tests passées par les banques européennes. Le prétendu "stress test" impliquait simplement la simulation d'une récession prolongée mais peu sévère, avec quelques pertes sur quelques actifs financiers. En d'autres termes, ce n'est pas tant un stress test que l'estimation du scénario médian.

Pourtant, même avec ces hypothèses optimistes, sept des 91 banques n'ont pas assez de capital pour survivre. Quant aux autres, on ne sait pas du tout comment elles encaisseraient une véritable crise de la dette souveraine. La vérité doit être si inquiétante que la révéler au grand jour ferait paniquer (à juste titre) les marchés financiers. En attendant, ceux-ci ne sont pas dupes. Ils demeurent inquiets et volatils.

L'Europe a malheureusement traité la gestion d'une crise financière à venir comme une simple opération de communication, croyant que le seul problème se confine aux perceptions des investisseurs, et niant qu'il existe un quelconque problème fondamental. Dommage.

Lire aussi : http://www.economist.com/blogs/newsbook/2010/07/europes_bank_stress_tests_0.

L'euro est-il le nouvel étalon or ?

Un article provocateur du Financial Times compare l'euro à l'étalon or. Dans les deux cas, l'adhérence soit à une convertibilité de la monnaie en or ou à une monnaie unique impose des contraintes sur les politiques budgétaires et monétaires (ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, comme expliqué ici : www.EclairEco.org/fr/PolitiqueConjoncturelle).

Qui plus est, dans les deux cas, les pays ne peuvent dévaluer pour restaurer leur compétitivité et obtenir un ajustement à la baisse des prix internes (réels). En particulier, dans le cas où les salaires nominaux sont rigides à la baisse, la restauration de l'équilibre sur le marché du travail impose une montée du niveau des autres prix. Celle-ci peut-être obtenue soit directement par une forte augmentation de la masse monétaire qui génère l'inflation (et génère également une dépréciation de la monnaie), soit indirectement par une dévaluation (qui génère également de l'inflation).

Avec l'euro et une politique monétaire unique menée par une banque centrale indépendante, non seulement les pays ne peuvent plus dévaluer, mais leur monnaie ne peut pas se déprécier, et il leur est impossible de relancer l'inflation. Résultat : les rééquilibrages sont impossibles avec des salaires nominaux rigides à la baisse, et des pays comme l'Espagne se retrouvent avec 20% de chômage, dont 40% de chômage pour les jeunes. 

Comment sortir de cette impasse ? La solution passe vraisemblablement soit par la sortie de la zone euro pour un certain nombre de pays, soit par une relance délibérée de l'inflation dans la zone euro. En l'absence de telles mesures, les pays en difficulté (dont la France) ont le choix entre un chômage de masse ou des salaires nominaux et réels en baisse. Dans les deux cas, de graves crises sociales sont au rendez-vous.  

Comme dans les années 1930, la France va-t-elle être un des derniers pays à quitter le navire ? Ou va-t-elle parvenir à jouer de son influence pour convaincre la BCE d'augmenter l'inflation pour permettre le rééquilibrage en douceur de l'économie européenne ? Convaincre l'Allemagne ne sera pas chose facile.

On voit déjà les limites de l'expérience européenne, avec des pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas dont les préférences et les besoins n'ont rien à voir avec ceux de pays comme la Grèce et le Portugal. Le grand écart ne pourra pas durer indéfiniment.

L'argent fait la loi (sur la burqa)

Qui a dit que le suffrage censitaire était aboli ? En France, avoir suffisamment d'argent permet apparemment de faire ses lois. Ou plutôt, d'annuler les effets d'une loi qu'on n'apprécie pas.

Ainsi, le particulier Rachid Nekkaz a décidé de monter un fonds d'un million d'euros, qu'il conçoit comme un fonds d'indemnisation des femmes portant la burqa dans les espaces publics qui recevraient une amende : ces derniers se verraient rembourser l'amende de 150 euros qu'elles auraient alors à payer pour avoir enfreint la loi (source).

On ne peut que se réjouir d'une telle aubaine pour l'Etat français : il ne reste plus qu'à fixer l'amende à 10 000 euros au lieu de 150, pour épuiser le fonds avec seulement 100 contraventions. Cela reflouera quelque peu les coffres de l'Etat.

Plus sérieusement, cette dérive est inquiétante. Au-delà d'une simple réponse à une forme visible d'oppression des femmes, la loi contre la burqa lutte également contre le communautarisme et l'éclatement de la société française. Ce fonds réaffirme que certaines personnes veulent permettre à leur "communauté" de vivre en se moquant des lois de la République.

L'Etat de droit n'existe en effet que du fait de l'existence et du respect d'une certaine loi. Le respect de la loi n'est possible que si des sanctions suffisamment dissuasives accompagnent sa violation (comme on l'explique dans cet article). Rembourser les amendes, c'est annuler l'effet des sanctions. Cela revient en définitive à subventionner une certaine rébellion communautariste contre l'Etat et l'Etat de droit.

A quand le groupe de particuliers indigné par les lois françaises qui va récompenser financièrement les individus qui pratiquent la lapidation en cas d'adultère ? Alternativement, à quand le groupe d'extrémistes indigné par les lois contre la discrimination raciale qui va récompenser financièrement les personnes condamnées pour injures racistes ? Si l'argent peut acheter la désobéissance civile et ainsi orienter les comportements, on n'en est peut-être pas loin.

Cet épisode pose en tout cas les questions suivantes : une personne ou un groupe de personnes peuvent-ils utiliser leur argent pour payer d'autres personnes qui sont condamnées pour avoir enfreint la loi ? Si c'est le cas, alors pourquoi ne pas admettre qu'on est revenu au suffrage censitaire, et que l'argent fait littéralement la loi ?

Deux statistiques sur les retraites

Le Financial Times cite deux statistiques sur les retraites en Europe :

 - En 2010, l'Europe compte quatre personnes en âge de travailler pour chaque retraité. En 2060, il n'y aura plus que deux personnes en âge de travailler pour chaque retraité.

 - Selon l'OCDE, les hommes français partent à la retraite à 59 ans en moyenne, contre 65 ans aux Etats-Unis et 70 ans au Japon, malgré des espérances de vie similaires.

D'autres statistiques dans notre article sur les retraites : www.EclairEco.org/fr/Retraites.

Le biais du GIEC

Le GIEC, ou IPCC, intergovernmental panel on climate change, accentue systématiquement les aspects négatifs du changement climatique. Un article de The Economist conclut ainsi : "In all ten of the issues that the PBL categorised as major (the original errors on glaciers and Dutch sea level, and the eight others identified in the report), the impression that the reader gets from the IPCC is more strikingly negative than the impression which would have been received if the underlying evidence base had been reflected as the PBL would have wished, with more precise referencing, more narrow interpretation and less authorial judgment."

Ce n'est pas surprenant. Nous avions déjà expliqué ici (http://www.eclaireco.org/fr/Climategate) que de tels organismes sont intrinsèquement biaisés et naturellement poussés à crier à la catastrophe.

Notre article sur le réchauffement climatique : http://www.eclaireco.org/fr/rechauffementclimatique

La rigueur et la croissance ...

... font bon ménage. C'est en effet la conclusion des études empiriques du Professeur d'Harvard Alberto Alesina. Il a montré données à l'appui que les réductions importantes, crédibles et structurelles de dépenses publiques (dans le but de réduire le déficit public) étaient des mesures favorables à la croissance économique. Comme quoi, les résultats que l'on obtient lorsqu'on abandonne la doctrine keynésienne pour se focaliser sur la réalité économique peuvent bouleverser certaines idées reçues. 

L'article de Business Week http://www.businessweek.com/magazine/content/10_28/b4186012969951.htm  

Intuitivement, de plus faibles déficits publics réduisent les taux d'intérêts à payer par les Etats et les autres agents économiques. Il rassure également la population et les entreprises quant à la direction du pays, ce qui encourage à la consommation et l'investissement.

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