Pragmatique, rationnel, indépendant

La dernière controverse: l'impact du revenu des parents sur la réussite scolaire des enfants

C'est reparti : Greg Mankiw (Harvard) et Paul Krugman (Princeton) se chamaillent à nouveau. La cause ? Le graphique ci-dessous, qui représente les résultats d'écoliers américains à des tests standardisés en fonction des revenus de leurs parents.

Greg a ouvert le bal en indiquant que ce graphique n'indiquait pas que c'est le revenu des parents en soi qui est déterminant. Pour résumer son raisonnement, les parents intelligents tendent à mieux réussir et à avoir de meilleurs revenus. Cependant, c'est surtout parce qu'ils sont intelligents qu'ils vont non seulement transmettre de bon gènes à leurs enfants, mais aussi bien les éduquer. Le revenu, en soi, ne pourrait être que d'importance secondaire (cette conjecture se vérifie si l'on considère la proportion très élevée d'enfants de profs et d'instituteurs qui réussissent les concours de Polytechnique, de l'ENS et d'HEC).

Paul a rétorqué en affirmant en essence que d'autres facteurs entrent en compte, et que de toutes façons on vit dans un monde de merde.

http://gregmankiw.blogspot.com/2009/08/and-i-thought-i-was-being-boring.html

http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/08/28/heredity-environment-justice/

Dernier rebondissement : on apprend que la corrélation est forte entre les tests de QI d'enfants adoptés et le revenu de leur père biologique, quand bien même ce dernier ne les a pas élevés (http://gregmankiw.blogspot.com/2009/08/test-scores-and-income.html). Cela implique que le revenu est en effet une bonne mesure des aptitudes, et notamment de l'intelligence héréditaire. Ces résultats suggèrent que les femmes ont raison de chercher des hommes qui gagnent bien leur vie, car leur réussite tend à signaler des aptitudes naturelles, qu'ils transmettront à leurs enfants biologiques. Une réserve cependant : il n'est pas certain que tout cela soit vrai pour les stars du football. Pas en ce qui concerne l'intelligence en tout cas.