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Eclairages Economiques - Octobre 2009

Edito : Un nouveau paradigme : Etat et marché 

La crise est l'occasion de repenser le mode d'organisation économique de nos sociétés et de changer de paradigme. C'est vrai. La France n'étant pas encore parvenue à sortir de la crise des années 1970, nous sommes d'accord pour dire qu'il est plus que temps de remettre en cause les préjugés français.

D'un côté, il est connu (surtout en France) que le libre fonctionnement du marché ne permet pas toujours d'atteindre une allocation efficiente ou équitable des ressources. Pour permettre une répartition plus équitable, nous soutenons un impôt modéré sur l'héritage, et suggérons la mise en place d'un seul et unique impôt négatif pour remplacer l'usine à gaz des minima sociaux, assurance chômage et autres revenus de transfert actuels.

Pour pallier aux "market failures" qui résultent du fait que les agents économiques ne prennent pas en compte les "externalités" que leur comportement exerce sur d'autres agents économiques, nous proposons un ensemble de mécanismes, tels qu'une taxe sur les carburants, une taxe carbone, et une taxe d'embouteillage.

Une utilisation intelligente de la fiscalité permet ainsi au libre fonctionnement des marchés de mener à l'optimum social. (Les propriétés d'un système fiscal optimal sont passées en revue ici: www.EclairEco.org/fr/SystemeFiscalOptimal) Entendons-nous bien : cela ne justifie en aucun cas la fiscalité assommante qui pèse actuellement sur les travailleurs Français (www.EclairEco.org/fr/PrelevementsObligatoires).

De l'autre côté, il serait simple, trop simple, d'invoquer l'intervention de l'Etat comme la réponse à tous les problèmes. C'est malheureusement un réflexe français, trop français. L'organisation économique par l'Etat n'est en effet pas exempte de défauts.

Premièrement, elle est par essence liberticide, comme l'a notamment souligné Hayek. Un tout puissant Léviathan qui dirige l'activité économique et contrôle l'allocation des ressources productives comme la distribution des revenus prive par définition les individus de leur liberté. 

Deuxièmement, on oublie trop souvent que les politiciens agissent aussi et surtout dans leur intérêt personnel. Malgré leurs beaux discours, il serait naïf de supposer qu'ils n'agissent spontanément que dans l'intérêt général. Notre blog (www.EclairEco.org/fr/blog) fourmille d'exemples de politiciens qui mettent en oeuvre des mesures économiquement absurdes pour gagner en popularité ou s'attirer les faveurs de certains groupes d'intérêts.

Troisièmement, même de parfaitement bienveillants philosophes rois de Platon ne seraient pas à même d'allouer les ressources à leur usage le plus productif. L'Etat ne saurait en effet être ni omniscient ni omnipotent -- ce n'est pas pour autant qu'il n'aspire pas à le devenir, ce qui nous mène à notre dernier point.

Quatrièmement, un Etat qui gère l'activité économique développe les moyens d'une tentation totalitaire. Par exemple, les horreurs perpétuées par les Nazis n'ont été possibles que du fait du "national socialisme" d'Hitler, c'est-à-dire la socialisation de l'économie allemande par un Etat tout-puissant dans les années 1930.

Cessons donc d'être dogmatiques. Les "échecs" du marché sont maintenant connus, et facilement corrigés par un ensemble de règles qui ne requièrent en aucun cas un interventionnisme récurrent. Les échecs et excès de l'Etat sont en revanche à la fois plus méconnus et plus dangereux. La France s'en remet souvent instinctivement à la toute-puissance et à la bienveillance étatique. Il est temps de s'affranchir de ces illusions.

 

Eclairages sur... une explication culturelle du chômage

Comment expliquer le développement du chômage de masse en Europe depuis 1975 ? Un chercheur de la LSE propose une explication culturelle : la généralisation des mécanismes d'assurance chômage et autres manifestations de l'Etat Providence (ou welfare state) ont progressivement affecté l'"éthique du travail" (ou work ethic). Les données montrent en effet qu'il est devenu peu à peu acceptable de ne pas travailler. Sachant qu'ils seraient protégés par l'assurance chômage et une pléthore de minima sociaux, les parents n'auraient pas élevé leurs enfants de façon à leur donner une forte éthique du travail. Un résumé du papier se trouve ici : http://cep.lse.ac.uk/pubs/download/cp294.pdf

Et bien sûr, notre article sur les (autres) causes du chômage : www.EclairEco.org/fr/CausesChomage

 

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