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Eclairages Economiques - Janvier 2010

Edito : La mixité sociale dans les grandes écoles

Les grandes écoles sont à quelques exceptions près les seules institutions qui fonctionnent bien, et même très bien, dans l'enseignement supérieur français actuel, comme on l'a constaté dans cet article: www.EclairEco.org/fr/Education. Elles ont à juste titre rejeté la suggestion selon laquelle il faudrait imposer un quota de 30% de boursiers par école.

Tout d'abord, les bourses ne sont pas nécessaires. Les écoles d'ingénieur ne coûtent pas très cher. Les écoles de commerce sont légèrement plus chères, mais les étudiants admis obtiennent des prêts très avantageux auprès des banques, prêts qu'ils n'auront aucun mal à rembourser par la suite. Cette volonté d'augmenter le nombre de boursiers correspond en fait à une volonté d'augmenter la "mixité sociale" dans les grandes écoles.

On cite souvent ce chiffre selon lequel les étudiants d'origine populaire ne représentent que 9% des candidates admis en grandes écoles en 1990, contre 29% en 1950. Ce que l'on omet de dire, c'est qu'en 1950 la plupart des Français étaient d'origine populaire, tandis qu'en 1990 la plupart des Français faisaient partie de la classe moyenne. Ces statistiques n'ont donc aucun sens.

Surtout, on se trompe de cible. Le problème se situe au niveau de l'éducation primaire et secondaire. De nombreux élèves Français ne se voient pas dispenser l'enseignement dont ils ont besoin. Nous abordons ce problème dans cet article, en nous focalisant notamment sur l'enseignement en banlieue difficile: http://www.eclaireco.org/fr/node/176. Nous y dénoncions déjà l'inaction coupable des politiciens face à la dégradation de l'enseignement en banlieue, et y suggérions des pistes d'action.

Retournons à l'ouverture des grandes écoles aux étudiants qui ne peuvent entrer par la grande porte du concours d'entrée. Puisque les places sont limitées, comment les sélectionner alors ? Proposer un concours plus facile aux étudiants dont les parents ne gagnent pas suffisamment d'argent ? Admettre un certain nombre d'étudiants suite à une loterie nationale ? Il faut admettre qu'une loterie respecterait parfaitement la fameuse "égalité des chances". Elle ne serait en revanche pas du tout méritocratique.

Il est pourtant facile de comprendre pourquoi les politiciens préfèrent tendre vers une sorte de tirage au sort qui donne à chacun sa chance plutôt que vers la méritocratie. Avec la deuxième solution, seuls les meilleurs étudiants (une très faible proportion de la population) peuvent espérer intégrer les meilleures grandes écoles. Avec la première solution, chaque étudiant a sa chance. Cette deuxième solution est donc bien plus populaire, bien plus porteuse de voix. Les politiciens ont donc tout intérêt à pousser le système éducatif vers la loterie.

Mais la grande force des grandes écoles, c'est qu'elles sont basées sur un système méritocratique qui reconnaît et récompense l'excellence académique. HEC est ainsi la première business school en Europe selon le Financial Times, et le monde entier envie nos étudiants de Polytechnique et de l'ENA. Tous ces étudiants ont fait la force des grandes entreprises françaises, et ont largement contribué au développement du pays. Il est tout simplement logique de fournir aux meilleurs étudiants (sélectionnés de façon méritocratique) les meilleurs professeurs dans les meilleures écoles. Un autre système serait inefficace, absurde, et se traduirait par un énorme gâchis. Par exemple, un excellent professeur-chercheur serait probablement incapable d'enseigner à des étudiants en échec scolaire, tandis que de très bon élèves perdraient leur temps avec un professeur aux compétences limitées dans son domaine.

Si certaines épreuves, au delà des tests des aptitudes académiques et intellectuelles, permettent de mieux sélectionner les étudiants, alors les écoles les mettront en place elles-mêmes, parce qu'elles y ont intérêt. Toutes les écoles n'ont ainsi pas les mêmes épreuves. Si HEC privilégie le "face-à-face" pour juger des aptitudes manageriales, l'ESSEC fait passer aux admissibles des tests psycho-techniques. A l'EDHEC, l'entretien de personnalité a un coefficient énorme. A l'X, le sport occupe une place importante. Les exemples sont nombreux.
 

Lire la suite de notre article sur www.EclairEco.org/fr/GrandesEcoles.

 

Eclairages sur... la contribution des femmes à la croissance économique

Le magazine The Economist souligne que la moitié des travailleurs américains sont désormais… des femmes ! Le fait que deux personnes plutôt qu'une travaille dans un ménage à largement contribué à la croissance économique et à la progression du pouvoir d'achat de l'après-guerre. C'est la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est que ce moteur de croissance est maintenant épuisé. Dans un ménage, lorsque l'homme comme la femme travaillent à temps plein, il n'y a plus de marge de progression. Comme nous l'expliquons dans notre fiche sur le travail (www.EclairEco/org/fr/Travail), les seuls leviers d'action sont désormais le temps de travail annuel (le nombre annuel d'heures travaillées par personne employée) et les taux d’activité par tranche d'âge, lesquels sont remarquablement faibles pour les personnes de plus de 60 ans. 

http://www.economist.com/opinion/displaystory.cfm?story_id=15174489

 

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