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Eclairages Economiques - avril 2010

Edito : faut-il sauver la Grèce ?

C'est fait : les pays de la zone euro et le FMI ont accepté de fournir une aide de 45 milliards d'euros à la Grèce. Ils acceptent de prêter à 5%, au lieu d'un taux d'intérêt de marché de plus de 7% au moment où l'aide a été décidée (ce taux reflète notamment la prime de risque élevée attribuée à la dette grecque grecque).

Il s'agit clairement d'une subvention des contribuables européens vers les Grecs : ces derniers auraient dû payer plus de 7% pour refinancer leur dette, ils ne paieront que 5% en définitive. Les contribuables européens ne seront alors pas adéquatement compensés pour le risque qu'ils encourent, puisqu'ils prêtent en dessous des taux de marché.

Ce type de dispositif pose également un problème clair d'aléa moral (moral hazard): les pays qui ont un budget à peu près équilibré (tels l'Allemagne) subventionnent les pays qui dépensent plus qu'ils ne peuvent se le permettre en recourant au déficit public (la Grèce par exemple). Ces derniers peuvent alors dépenser sans avoir à un subir les conséquences sous la forme de taux d'intérêt élevés à payer sur leur dette publique (qui devient de plus en plus risquée). En effet, ce risque est alors dispersé dans toute l'Europe. Par conséquent, si la Grèce fait défaut, les Etats européens (français, allemands aux premiers plans) feraient des pertes qui creuseraient encore davantage leur dette publique... et les rendraient à leur tour vulnérables !

En acceptant la semaine dernière cette aide européenne, la Grèce envoie un très mauvais signal. Elle admet qu'elle est incapable de refinancer sa dette aux taux de marché, et qu'elle est devenue dépendante d'une source de financement qui peut se tarir du jour au lendemain, selon le bon vouloir des politiciens de la zone euro. Elle se retrouve ainsi stigmatisée.

Enfin, rappelons à l'instar de The Economist que l'aide pour la Grèce ne permet que de gagner du temps. Cela ne change rien aux problèmes fondamentaux d'insoutenabilité de la dette et des déficits publics grecs. In fine, c'est selon sa gestion des comptes publics que la Grèce parviendra ou non à se sortir du bourbier dans lequel elle s'est empêtrée. Par conséquent, dans la mesure où la Grèce n'est pas prête à mettre en place les mesures d'austérité considérables requises pour rectifier la trajectoire, il ne sert rien de dépenser toujours plus d'argent pour ne faire que repousser l'inévitable.

 

Eclairages sur... une réforme du système de retraites

Flash sur deux propositions alternatives :

-          Celle de Thomas Piketty, Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris, avec les comptes individuels de cotisation. Cela permet de conserver un système par répartition tout en instituant un lien clair entre ce que chaque individu contribue et ce qu’il reçoit durant sa retraite : http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/BozioPiketty2008.pdf

-          Celle d’Eclairages Economiques, qui propose de laisser à chacun le choix de son âge de départ à la retraite, et de verser des pensions uniquement en fonction de l’âge, et non pas en fonction du statut actif ou inactif : http://www.eclaireco.org/fr/SolutionRetraites 

 

Votre opinion : DSK Président

Notre nouveau sondage sur un éventuel Président DSK. Quelle serait sa politique ?   http://www.EclairEco.org/fr/node/300

 

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