Pragmatique, rationnel, indépendant

Quel futur pour le modèle social français ?

La situation économique catastrophique en Corée du Nord (lire par exemple cet article) nous fait à nouveau prendre conscience des implications économiques d'une économie administrée avec un secteur public atrophié.

Pourtant, depuis de nombreuses années la France se dirige toujours plus dans cette direction. 

Premièrement, les dépenses publiques (maintenant à 57% du PIB) ne cessent de progresser. Les dépenses publiques servent notamment à payer des revenus de transfert qui récompensent de facto l'inactivité, ou déconnectent la contribution économique d'un individu de son bien-être. 

Deuxièmement, et c'est le revers de la médaille, les impôts sur l'activité, en particulier sur les revenus du travail et du capital, découragent le travail et l'investissement (en France), d'autant plus que les taux marginaux sont élevés. Nous en avons tiré les conséquences ici : http://www.eclaireco.org/SystemeFiscalOptimal 

Dans ces conditions, pas étonnant que les Français travaillent peu, investissent peu, produisent peu, et soient peu motivés. Le travail est en effet de moins en moins récompensé, et l'inactivité de plus en plus subventionnée. Le poids croissant de l'Etat étouffe ainsi le secteur privé et contribue au déclin du pays.

Troisièmement, le manque de concurrence d'une part, les difficultés à licencier d'autre part, permettent à des entreprises et des employés peu performants de conserver leur position. Cela entrave le processus de destruction créatrice, qui est pourtant un moteur essentiel de la croissance économique. Pour simplifier, les ressources productives ne sont pas réallouées dans les activités où elles seraient les mieux utilisées. Autre conséquence pernicieuse de cet état de faits : chacun cherche à acquérir une rente, puis la défend coûte que coûte. Cela explique la résistance pathologique au changement dans la société française ainsi que son manque de dynamisme.  

On s'éloigne donc de plus en plus du modèle économique qui a depuis deux siècles rendu possible une croissance et un développement extraordinaires. Pas étonnant que la France stagne, tout comme d'autres pays qui ont suivi une évolution similaire à base de corporatisme et de socialisme. Comme on le constate avec la crise de la dette publique, le modèle social européen est tout simplement insoutenable sur le long-terme.

Comme le dit Kenneth Rogoff, Professeur à Harvard, "Le capitalisme moderne a connu un extraordinaire développement depuis le début de la Révolution Industrielle il y a deux siècles, en faisant sortir de la misère des milliards de gens ordinaires. Le marxisme et le socialisme ont en comparaison un bilan désastreux. (...) Le capitalisme continental européen, qui combine généreusement les prestations de santé et les avantages sociaux avec des heures de travail raisonnables, de longues périodes de vacances, une retraite anticipée et une répartition relativement égale du revenu, semble tout avoir en sa faveur – sauf la durabilité." http://www.project-syndicate.org/commentary/rogoff87/French

pourtant des études

pourtant des études récentes montrent que les francais sont parmi ceux qui travaillent le plus. que répondez vous à cela ?

réponse

C'est tout simplement faux, comme on le montre ici: http://www.eclaireco.org/travail
Il est vrai que certaines personnes travaillent énormément (on pense à certains cadres, et à un nombre restreint de hauts fonctionnaires), mais les Français travaillent relativement peu lorsqu'ils travaillent (surtout par rapport aux Indiens ou aux Chinois), ils prennent beaucoup de congès payés (la France est probablement championne du monde en la matière), et les taux d'emploi sont très faibles (peu de Français ont un emploi).