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Un article d'Eclairages Economiques

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Pourquoi il ne faut pas de régulation financière internationale

C'est en effet le point de vue du Professeur d'Harvard Dani Rodrik. Dans un article publié dans The Economist, sa démonstration est la suivante:

Tout d'abord, il est irréaliste de penser que les gouvernements nationaux vont abandonner leur souveraineté en matière monétaire et financière en faveur d'une agence internationale. Le résultat vraisemblable serait une régulation internationale à portée trop faible pour être opérante, alors même qu'elle empiète sur une régulation nationale. Le pire des deux mondes en somme.

Ensuite, même si les pays s'entendaient, il est fort possible qu'ils s'accordent sur un mauvais ensemble de règles. Cela s'est déjà produit: l'accord de Bâle, longtemps considéré comme ce qui se fait de mieux en régulation bancaire, comportait des incitations perverses et des mesures pro-cycliques maintenant largement blâmées. Il ne serait pas prudent de mettre tous ses oeufs dans le même panier. Le fait que différentes institutions financières soient soumises à différents régimes réglementaires a l'avantage d'éviter qu'elles ne se retrouvent toutes en situation précaire au même moment.

L'objection la plus fondamentale est liée au fait que la régulation optimale n'est pas la même pour tous les pays. Certains peuvent préférer la tranquillité qu'apporte la stabilité financière, d'autres le dynamisme économique qu'apporte l'innovation financière.

C'est pourquoi l'auteur préconise un ensemble minimum de principes internationaux, sur lesquels se construiraient des régulations financières nationales ou régionales. En particulier, il s'agirait d'éviter que des externalités négatives (ou spillovers) ne se manifestent d'une juridiction à l'autre.

Le lien vers l'article: http://www.economist.com/displayStory.cfm?story_id=13278147

Le dernier point est essentiel, et constitue la limite de cette approche. Par exemple, il serait inacceptable que les institutions financières d'un pays prennent des risques susceptibles d'emporter d'autres pays "innocents" dans la tourmente. Or, sans contrôle des capitaux et avec les technologies de communication modernes, le système financier mondial est un tout. Il serait illusoire de penser qu'il est possible d'isoler certains pays.

Quoique... Si l'on repense à la crise de 2007-2008, ce ne sont pas les mécanismes de transmission financiers qui ont en fin de compte donné à la crise une dimension mondiale. Pensons aux banques espagnoles ou canadiennes, qui, ayant été prudentes durant la période d'exubérance, ont remarquablement résisté. En réalité, c'est la contraction économique cyclique outre-Atlantique et la résorption des déséquilibres macroéconomiques internationaux qui ont principalement affecté les autres pays. La finance s'est largement contentée de jouer le rôle du messager. En tout état de cause, le débat n'est pas clos.

Pierre Chaigneau

Pour en savoir plus :

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